Le rideau se lève ce mardi 8 septembre 2026 à New York sur la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Si le calendrier officiel prévoit des débats généraux du 22 au 26 septembre, ainsi qu’une réunion plénière le 29 septembre consacrée à la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, l’enjeu dépasse largement l’ordre du jour technique. L’organisation se trouve aujourd’hui dans une posture défensive, devant justifier sa raison d’être auprès d’une communauté internationale de plus en plus sceptique.

Une légitimité érodée par les conflits et le budget

Le constat est sans concession : l’ONU reconnaît elle-même la nécessité de regagner la confiance des États membres. Cette crise repose sur un double pilier de défaillance. D’une part, l’impuissance du Conseil de sécurité face aux hostilités actuelles — notamment les guerres menées par la Russie en Ukraine et les attaques israélo-américaines contre l’Iran — est pointée du doigt comme une preuve d’obsolescence. Selon Vladyslav Lanovoy, professeur à l’Université Laval, l’organe chargé de la paix internationale semble dépassé par des membres permanents en conflit direct.

D’autre part, une crise budgétaire sans précédent pèse sur les capacités opérationnelles du système. Les compressions draconiennes imposées par les États-Unis et d’autres contributeurs forcent l’organisation à des arbitrages douloureux. Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) illustre cette réalité brutale : en octobre 2025, cet organisme a rapporté la perte de près de 5 000 emplois ainsi qu’une réduction d’effectifs dans 185 bureaux à travers le monde. Ces coupes se traduisent par des conséquences humaines tangibles, telles que la menace pesant sur les initiatives de scolarisation dans les camps ou la diminution des services de protection pour les femmes au Soudan et en Afghanistan.

Le défi de la succession et de la communication

Dans ce contexte de fragilité, le processus de sélection du prochain secrétaire général, entamé en juillet dernier par le Conseil de sécurité, devient un pivot stratégique. Le mandat d’Antonio Guterres s’achevant à la fin de l’année, le futur successeur devra être nommé formellement d’ici janvier 2027. Pour les observateurs comme Vincent Pouliot, expert en gouvernance mondiale, ce nouveau dirigeant doit incarner un « roc » de stabilité tout en se libérant de l’emprise des grandes puissances.

L’exigence est double : une indépendance ferme pour défendre la Charte de l’ONU et une souplesse diplomatique suffisante pour maintenir le dialogue avec les puissances opposées. Joey Hanna, ancien chef de bureau du HCR, souligne également l’impératif de communication. Pour retrouver sa crédibilité, l’organisation doit expliquer simplement son utilité quotidienne aux populations civiles, au-delà des seuls cercles diplomatiques et fonctionnaires. En somme, la survie de la plateforme repose sur une volonté politique collective des États membres pour définir ce que les Nations unies doivent faire différemment.

Un agenda dense pour une transition complexe

Le calendrier de cette 81e session témoigne de l’ampleur des dossiers restants. Outre les débats généraux, plusieurs réunions de haut niveau sont programmées pour traiter des menaces existentielles : la transition juste et l’action climatique le 23 septembre, les risques liés à l’élévation du niveau de la mer le 24 septembre, ainsi que la prévention des pandémies le 25 septembre. Ces rendez-vous serviront de test pour mesurer si l’organisation peut encore agir comme un acteur de changement efficace face aux défis globaux.