Le climatologue Adam Kalkstein a entamé une procédure judiciaire contre l’académie militaire de West Point ainsi que trois de ses supérieurs hiérarchiques. Cette action en justice, déposée dans l’État de New York le 24 août dernier, fait suite au licenciement du professeur qui enseignait la climatologie au sein du Département de géographie depuis 17 ans. Selon les arguments avancés par son conseil juridique, Michael Sussman, cette rupture contractuelle découlerait d’une opposition farouche aux directives émanant de l’administration Trump. Ces instructions auraient exigé le retrait pur et simple des causes anthropocènes liées au dérèglement climatique du cursus pédagogique de West Point, ainsi que de l’ensemble des académies militaires américaines.

Une rupture contractuelle contestée par la défense

L’histoire de ce litige prend racine en mars 2025. À cette période, Adam Kalkstein aurait été informé de la nouvelle politique gouvernementale visant à censurer les facteurs humains dans l’enseignement climatique. Face à l’annonce de la suppression de son poste, le professeur aurait initialement conclu un accord avec l’établissement pour poursuivre ses activités sur une base contractuelle jusqu’à l’épuisement des fonds de recherche qui lui étaient alloués. Toutefois, dès la rentrée suivante, il s’est retrouvé comme unique intervenant sur les changements climatiques au sein de cette institution militaire historique. Il a alors reçu l’ordre formel d’appliquer les restrictions imposées par le pouvoir exécutif.

Le conflit a atteint un point de rupture en novembre 2025 lors d’une réunion du Département de géographie. Devant Shane R. Reeves, qui occupait alors la fonction de doyen entre 2021 et 2026, Adam Kalkstein aurait dénoncé la situation avec vigueur. Il y a affirmé qu’il se sentait contraint d’agir comme un « menteur et un escroc » en étant forcé de masquer l’incidence humaine dans ses cours, comparant cette restriction à une omission de la Constitution dans l’enseignement du droit. En réponse, le doyen aurait invoqué les ordres du commandant en chef pour justifier le silence imposé sur la science. Finalement, en janvier 2026, il a été notifié que son contrat ne serait pas reconduit, un acte que son avocat juge illégal puisque l’accord de recherche initial n’avait pas été pleinement honoré.

Un climat d’appréhension et des enjeux juridiques

Au-delà du cas individuel, cette affaire illustre une tendance plus large identifiée par Chris Marchesano, conseil au Climate Science Legal Defense Fund. Ce dernier décrit une atmosphère de crainte sans précédent qui sature la communauté scientifique face aux risques de représailles ou de censure administrative depuis 18 mois. Bien que le professeur Kalkstein soit présenté comme un républicain conservateur bénéficiant du soutien de ses pairs, son avocat souligne que beaucoup d’autres collègues hésitent à prendre la parole par crainte des conséquences professionnelles.

Aujourd’hui, la poursuite vise non seulement une indemnisation financière et une reconnaissance officielle des préjudices subis, mais aussi le rétablissement de sa fonction. L’enjeu repose sur l’interprétation du premier amendement de la Constitution américaine. Chris Marchesano estime que la jurisprudence actuelle pourrait être favorable à Kalkstein, rappelant qu’un professeur de droit avait obtenu gain de cause en 2025 dans un litige similaire portant sur la liberté universitaire au sein de West Point.