La reprise de la garde à vue validée par le parquet

L’enquête pour assassinat terroriste, ouverte par le parquet national antiterroriste, reprend son cours normal. Le magistrat Olivier Christen a tenu une conférence de presse pour expliquer que l’expertise psychiatrique menée sur Kevin T., 39 ans, ne montrait aucun signe de décompensation aiguë ni d’activité hallucinatoire délirante. Selon le procureur, l’intéressé ne présentait pas non plus de signes cliniques d’une pathologie aliénante justifiant une hospitalisation sous contrainte.

C’est pourquoi la garde à vue, suspendue depuis le 24 octobre en attendant ces résultats, a été reprise lundi après-midi. Le suspect, qui nie le caractère raciste de ses crimes tout en reconnaissant leur matérialité, se trouve désormais dans un cadre légal permettant aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations sans interruption. La durée maximale de cette nouvelle période de garde à vue est fixée au jeudi 29 octobre.

Les détails matériels et la contestation du mobile

Au cœur du dossier, une contradiction persiste entre les faits avérés et l’interprétation donnée par le suspect. Kevin T., habitant des Yvelines, a reconnu avoir tiré sur huit sites différents à bord de sa voiture, parcourant un périple de 12 kilomètres entre Trappes et La Verrière. Dans son véhicule, les gardes ont découvert un fusil mitrailleur, un couteau et un pointeur laser.

Cependant, aucune trace de tract politique n’a été retrouvée, ce qui permet au parquet d’infirmer la rumeur selon laquelle des tracts du Rassemblement national auraient été présents. Le suspect conteste ainsi le mobile raciste de l’attaque, affirmant que les victimes ont été choisies pour d’autres raisons, bien que le procureur maintienne que ce sont bien des personnes ciblées pour leur origine réelle ou supposée qui ont été visées.

L’état des victimes et la mobilisation sociale

La situation des victimes reste critique. Sur les quatre personnes gravement blessées lors de l’attaque du 23 octobre, trois sont toujours hospitalisées lundi soir. Le pronostic vital de l’une d’elles était encore engagé à ce moment-là, tandis que celui de l’enfant de 11 ans, la plus jeune victime, n’est en revanche plus considéré comme engagé. Parallèlement à cette enquête judiciaire, une mobilisation citoyenne s’est organisée à Paris pour honorer la mémoire de Pengo Bossio Wangi, le jeune homme de 26 ans tué dans l’attentat.

Des personnalités culturelles et sportives ont signé un appel dénonçant les discours haineux qui auraient pu nourrir cet acte de violence, soulignant que les mots peuvent tuer. Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) s’est également porté partie civile aux côtés des victimes, affirmant que l’attentat n’est pas survenu dans le vide.