Une méthodologie renouvelée pour des chiffres inédits

Statbel a radicalement transformé sa collecte des données sur les voyages en 2025. Jusqu’alors trimestrielle, l’enquête est passée à un rythme mensuel, ce qui a permis de capter des déplacements auparavant sous-estimés, notamment les séjours courts. Selon l’office, cette évolution explique en partie l’augmentation des volumes enregistrés, rendant les chiffres de 2025 non directement comparables à ceux des années précédentes. Les 31,2 millions de voyages avec nuitée recensés en 2025 incluent ainsi une part bien plus importante de micro-escales que par le passé. Cette précision méthodologique, bien que technique, éclaire une tendance de fond : les Belges voyagent plus souvent, et pour des durées plus courtes, qu’on ne le pensait jusqu’ici.

Des destinations européennes dominées par la France et les Pays-Bas

La France s’impose comme la destination étrangère la plus prisée des Belges, avec 7 millions de voyages enregistrés en 2025. Elle devance les Pays-Bas (2,7 millions) et l’Espagne (2,3 millions), confirmant une préférence marquée pour les pays frontaliers ou proches. Au sein de l’Union européenne, 80 % des déplacements à l’étranger (soit plus de 18 millions) se sont déroulés, soulignant l’attractivité du marché unique pour les touristes belges. La Belgique elle-même n’est pas en reste : 9,4 millions de voyages ont eu lieu sur son territoire, avec une répartition quasi égale entre la côte (2,9 millions) et l’Ardenne (2,9 millions). Ces deux régions totalisent à elles seules plus de 60 % des séjours intérieurs, révélant une polarisation géographique forte des loisirs des Belges.

Transport et motivations : la voiture en tête, les voyages d’affaires en queue de peloton

Le mode de transport dominant reste la voiture, avec 19,1 millions de déplacements effectués en voiture, moto ou camping-car. Ce choix s’explique par la proximité des destinations européennes, où la voiture domine largement : elle est utilisée pour plus de 85 % des voyages vers les Pays-Bas, par exemple. Le transport aérien arrive en deuxième position avec 7,8 millions de voyages, privilégié pour les destinations lointaines (Afrique, Amérique, Asie, Océanie). À l’inverse, le train joue un rôle marginal dans les déplacements intérieurs (12 % des voyages en Belgique), mais représente 39 % des trajets vers les villes d’art, où il est plus compétitif. Côté motivations, les voyages personnels écrasent les déplacements professionnels : 29,3 millions de voyages (soit 94 % du total) étaient liés aux vacances, aux loisirs ou aux visites familiales, contre seulement 1,9 million pour le travail. Parmi ces derniers, la France arrive en tête (366 000 voyages), suivie de l’Allemagne (229 000) et des Pays-Bas (207 000).

Un été concentré et des tendances à surveiller

Le troisième trimestre (juillet à septembre) a concentré 12,3 millions de déplacements, soit près de 40 % du total annuel. Cette concentration saisonnière, classique pour les vacances d’été, masque des dynamiques plus fines. Les city breaks, les séjours balnéaires et les escapades à la campagne représentent respectivement 35 %, 32 % et 31 % des voyages personnels, tandis que les vacances à la montagne ne pèsent que 12 %. Les croisières, quant à elles, restent une niche avec moins de 1 % des déplacements. Ces proportions, détaillées par Statbel, offrent une photographie précise des préférences des Belges, mais aussi des marges de progression pour des secteurs comme le tourisme montagnard ou les voyages lointains, encore marginaux dans leurs habitudes.