CAQ : 300 policiers et 50 procureurs pour une sécurité « adaptée »
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Samedi 12 septembre 2026, à l’École nationale de police de Nicolet, Christine Fréchette a posé un geste politique fort : la cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) a promis d’ajouter 300 policiers à la Sûreté du Québec et aux corps policiers municipaux. Cinquante procureurs supplémentaires rejoindraient également le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Ces mesures, assorties d’un investissement de 196 millions de dollars, s’inscrivent dans une stratégie globale pour adapter les forces de l’ordre aux mutations de la criminalité. Selon elle, les réseaux criminels recrutent désormais les jeunes en ligne, tandis que la fraude, l’extorsion et la radicalisation gagnent le numérique. Face à ces défis, la CAQ mise sur un renforcement des effectifs policiers, une expertise technologique accrue et une meilleure coordination avec le réseau de la santé.
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Une réponse à la criminalité en mutation
Christine Fréchette a justifié cette annonce par l’évolution des méthodes criminelles. « Les criminels s’adaptent, alors nos moyens pour les combattre doivent s’adapter aussi », a-t-elle déclaré devant les futurs policiers de Nicolet. Selon la cheffe caquiste, les groupes criminels ciblent désormais les jeunes via internet, exploitant les réseaux sociaux pour le recrutement, la fraude ou l’extorsion. La violence armée, bien que toujours présente, n’est plus le seul visage de la délinquance. Les policiers doivent désormais gérer des situations complexes, liées à la santé mentale ou à l’itinérance, qui dépassent le cadre traditionnel de l’intervention policière. Pour Christine Fréchette, ces réalités exigent des ressources humaines et technologiques supplémentaires. L’investissement de 176,4 millions de dollars annoncé pour recruter 300 policiers vise précisément à combler ce fossé. Ces effectifs ne se substitueraient pas à des postes existants, mais s’ajouteraient aux forces vives actuelles, avec une répartition déterminée en concertation avec les acteurs locaux.
L’ajout de 50 procureurs au DPCP répond, quant à lui, à une demande pressante du milieu judiciaire. En juillet 2026, l’Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales (APPCP) avait réclamé 100 nouveaux procureurs pour faire face à la hausse des dossiers. Depuis décembre 2024, les effectifs du DPCP sont passés de 808 à 759 procureurs, soit une baisse de 6 %. Christine Fréchette a souligné que ces ressources supplémentaires permettraient de réduire les délais de traitement des affaires, évitant ainsi que les arrestations ne s’enlisent faute de moyens judiciaires. « On va donner aux forces de l’ordre et aux tribunaux les outils nécessaires pour combattre le crime », a-t-elle promis.
Cybercriminalité et équipes mixtes : deux leviers complémentaires
Pour lutter contre la criminalité en ligne, la CAQ propose la création de deux pôles d’expertise technologique, l’un à Montréal, l’autre à Québec. Ces centres, dotés d’une enveloppe de 14 millions de dollars sur quatre ans, regrouperaient des experts policiers spécialisés dans la lutte contre la fraude, le recrutement de mineurs, la radicalisation ou le trafic illicite. Leur mission : mutualiser les savoir-faire pour contrer des phénomènes qui transcendent les juridictions locales. Christine Fréchette a insisté sur l’urgence de ces mesures, évoquant des jeunes « hameçonnés » sans même en avoir conscience. « Il faut donner à nos policiers les outils nécessaires pour combattre ce nouveau type de crime », a-t-elle martelé.
Parallèlement, la Coalition veut étendre les équipes mixtes santé-justice en région. Ces dispositifs, déjà expérimentés dans les grands centres urbains, associent un policier et un intervenant social pour gérer les crises liées à la santé mentale ou à l’itinérance. La CAQ y consacre 13,3 millions de dollars sur quatre ans, avec l’objectif de les déployer hors de Montréal et Québec. Ian Lafrenière, ministre sortant de la Sécurité publique, a rappelé que les cohortes de l’École nationale de police (ENPQ) sont passées de 400 à près de 1 000 étudiants, un signe que le recrutement suit. Pourtant, les défis persistent : pression psychologique, harcèlement en ligne et conditions de travail difficiles pèsent sur les policiers. L’ajout de 300 effectifs, le premier depuis des décennies, vise aussi à atténuer ces tensions.
Un coût assumé, mais des questions en suspens
Le coût total de ces mesures s’élève à 196 millions de dollars, un montant que Christine Fréchette présente comme un investissement dans la sécurité des Québécois. Pourtant, des zones d’ombre subsistent. La répartition exacte des 300 policiers entre la Sûreté du Québec et les corps municipaux n’a pas été précisée. Ian Lafrenière a évoqué une concertation avec « les joueurs clés du terrain », sans donner de calendrier. De même, l’impact réel de ces mesures sur la criminalité reste à évaluer. Les données de l’APPCP montrent une baisse des effectifs prosecutoriaux, mais aucune étude ne démontre que l’ajout de procureurs réduira mécaniquement les délais judiciaires.
Enfin, la CAQ mise sur une approche globale, combinant répression et prévention. La violence armée, déjà ciblée par des investissements de près de 400 millions de dollars depuis 2019, bénéficierait d’un complément de 24 millions pour consolider les capacités policières. Mais la question de l’efficacité à long terme se pose : les réseaux criminels, notamment ceux liés au trafic d’armes, s’adaptent rapidement. Christine Fréchette a beau promettre de « ne reculer devant rien », le diable réside dans les détails. Les Québécois, inquiets, attendent des résultats concrets — et non des annonces sans lendemain.
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