Catapultes à vapeur : le revirement de Trump qui fragilise le futur porte-avions français
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Donald Trump a fait connaître sa volonté de remettre en service les catapultes à vapeur sur les porte-avions américains, au détriment du système électromagnétique EMALS qui équipe la nouvelle génération de bâtiments de l’US Navy. La décision n’a rien d’anecdotique pour Paris : le futur porte-avions français, baptisé France Libre et censé succéder au Charles de Gaulle à l’horizon 2038, doit précisément recevoir ces catapultes électromagnétiques de conception américaine. Autrement dit, la France a arrimé un programme stratégique majeur à une technologie que Washington envisage désormais de délaisser chez lui.
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Un choix industriel français adossé à une technologie américaine
Le futur porte-avions France Libre, dont l’entrée en service est programmée pour 2038, doit succéder au Charles de Gaulle. Pour lancer ses aéronefs, la Marine nationale a retenu des catapultes électromagnétiques de conception américaine — un saut technologique par rapport à la vapeur qui équipe encore le porte-avions actuel. Ce choix n’était pas neutre : il conditionne l’architecture du bâtiment, la formation des équipages, la maintenance et la chaîne logistique sur plusieurs décennies.
La dépendance industrielle est assumée depuis le lancement du programme. Elle repose sur un pari simple : que les États-Unis continuent à développer, à produire et à soutenir cette technologie sur le long terme, puisqu’ils l’ont eux-mêmes adoptée pour leurs porte-avions de dernière génération.
Ce que change l’annonce de Donald Trump
En affichant sa volonté de rebasculer vers la vapeur, le président américain remet en cause, à tout le moins symboliquement, la trajectoire industrielle sur laquelle Paris s’est aligné. Si Washington devait effectivement ralentir, réorienter ou fragiliser sa filière électromagnétique, la France se retrouverait cliente d’un système que son fournisseur principal aurait cessé de considérer comme prioritaire. Le risque n’est pas immédiat — 2038 laisse du temps — mais il touche à ce qui fait la valeur d’un tel programme : la garantie d’un soutien industriel dans la durée, l’accès aux pièces, aux évolutions et aux correctifs.
Qu’on nous permette de nous étonner qu’un programme aussi structurant ait été bâti sur l’hypothèse implicite d’une continuité américaine sans faille. L’histoire récente des grands contrats de défense enseignait pourtant l’inverse : une orientation politique à Washington peut, en quelques annonces, redessiner l’horizon industriel de ses alliés.
Ce qui reste incertain
À ce stade, l’annonce présidentielle relève de l’intention affichée. Elle ne préjuge ni du calendrier d’une éventuelle bascule, ni du sort réservé aux porte-avions américains déjà équipés du système électromagnétique, ni de l’avenir de la filière industrielle qui le produit. Les arbitrages budgétaires, techniques et militaires du Pentagone n’ont pas encore été rendus publics dans le détail. Côté français, aucune réévaluation officielle du programme France Libre n’a été formalisée à ce jour.
C’est précisément là que réside la question utile : la France dispose-t-elle d’un plan de repli si la technologie choisie devenait, à Washington, une orpheline politique ?
Ce qu’il faut surveiller
Trois points méritent l’attention dans les mois qui viennent : les décisions concrètes du Pentagone concernant les porte-avions américains déjà équipés d’EMALS ; la position officielle de la Direction générale de l’armement et de l’état-major de la Marine sur la robustesse du choix français ; enfin, l’existence — ou non — d’une alternative technique crédible si la filière américaine venait à se déliter. Un porte-avions se pense sur cinquante ans ; une annonce présidentielle, sur cinquante jours. L’écart entre ces deux temporalités est précisément ce qui doit occuper les responsables du programme.
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