Un retour aux niveaux d’avant-légalisation

La dynamique de la consommation québécoise s’est inversée après une période de croissance enregistrée entre 2018 et 2021. L’Institut de la statistique du Québec précise que cette baisse observée en 2026 ne remet pas en cause la validité des données, bien qu’il invite à la prudence concernant l’ampleur exacte du phénomène.

Des particularités dans la collecte, notamment la formulation de la lettre d’invitation et sa tenue simultanée au recensement général, pourraient avoir influencé les résultats. Néanmoins, le retour à 14 % confirme que la légalisation n’a pas engendré une augmentation permanente de la proportion de consommateurs dans la province.

Une fracture générationnelle marquée

Les habitudes de consommation varient considérablement selon l’âge des répondants, illustrant un changement de comportement profond chez les jeunes. Chez les 15 à 20 ans, la proportion de consommateurs a chuté drastiquement, passant de 28 % en 2018 à seulement 18 % en 2026. À l’inverse, les plus âgés consomment davantage qu’avant la légalisation : chez les 35 ans et plus, le taux est passé de 8 % à 11 %.

En dépit du recul observé chez la jeunesse, les individus âgés de 21 à 24 ans affichent toujours le niveau d’usage le plus élevé, touchant près d’un tiers des personnes ayant inhalé du produit durant l’année. En revanche, au sommet de l’échelle d’âge, moins d’un dixième des habitants québécois âgés de 55 ans ou davantage affirment avoir utilisé la substance.

L’évolution des modes d’usage et d’approvisionnement

Si fumer reste la méthode dominante avec 81 % des consommateurs, le vapotage gagne du terrain, touchant désormais 60 % des jeunes de 15 à 20 ans. Parallèlement, la Société québécoise du cannabis (SQDC) conserve son rôle d’approvisionnement principal : près de 72 % des personnes ayant consommé en 2026 ont utilisé au moins en partie des produits provenant de cette société d’État.

Cependant, une part non négligeable de la population ignore encore le contenu précis en cannabinoïdes de ses produits, soulignant un défi persistant en matière d’éducation du consommateur. Environ 1,3 % des personnes ayant consommé au cours de la dernière année présentent un risque élevé de consommation problématique selon l’outil ASSIST, tandis que 54 % sont exposées à un risque modéré.

Une prudence méthodologique nécessaire

Bien que le retour aux niveaux pré-légalisation semble confirmer une stabilisation des habitudes, l’Institut de la statistique du Québec invite à la prudence concernant l’ampleur exacte du phénomène. Des particularités dans la collecte, notamment la formulation de la lettre d’invitation et sa tenue simultanée au recensement général, pourraient avoir influencé les résultats observés en 2026.

Néanmoins, cette baisse ne remet pas en cause la validité des données globales. Elle confirme simplement que la légalisation n’a pas engendré une augmentation permanente de la proportion de consommateurs dans la province, tout en soulignant l’importance de surveiller les évolutions futures avec nuance.