Dans l’Orne, un chauffeur de bus salué au klaxon pour ses quarante ans de tournée
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Le mercredi 19 août 2026, dans l’Orne, Alain Ducreux a effectué son dernier service de chauffeur de bus après quarante ans de métier. À un rond-point, plusieurs voitures ont tourné en klaxonnant pour le saluer, « comme s’il y avait un mariage ». La scène, notée 14/18 sous le titre « Bon vent ! », raconte moins un départ à la retraite qu’une trame sociale, celle qu’un homme aura tissée, arrêt après arrêt, avec ceux qu’il transportait.
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Quarante ans à la même place, et ce que cela veut dire
On a pris l’habitude, en France, de mesurer les carrières en points, en trimestres, en cotisations. Alain Ducreux, lui, se sera mesuré en visages. Quarante années au volant d’un bus dans l’Orne : c’est plusieurs générations de lycéens conduits jusqu’à leur établissement, d’habitués reconnus au premier coup d’œil, de trajets répétés jusqu’à devenir une seconde géographie intime. Le dossier retient un mot juste : il a « tissé des liens ». Non pas transporté — tissé. La nuance dit tout d’un métier que l’on croit anonyme et qui, quand il est bien fait, ne l’est jamais.
Un rond-point transformé en haie d’honneur
Pour son dernier trajet, ses passagers et des automobilistes lui ont réservé une surprise : des voitures tournant autour d’un rond-point en klaxonnant, décrites comme un cortège de mariage. L’image est belle parce qu’elle est spontanée. On n’organise pas au cordeau un tel salut ; on l’improvise parce qu’on tient à quelqu’un. Qu’on nous permette de le souligner : dans une époque qui célèbre volontiers les figures lointaines, il est réconfortant qu’un chauffeur de bus reçoive, à son tour de piste, l’ovation qu’on réserve d’ordinaire aux podiums.
Ce que dit ce petit bruit de klaxon
On objectera qu’il ne s’agit là que d’une anecdote locale. C’est précisément ce qui en fait le prix. Derrière l’histoire d’Alain Ducreux, il y a une évidence que l’on oublie à mesure que les services publics et parapublics se dématérialisent : les métiers du lien ne se remplacent pas par une application. Un chauffeur qui salue, qui attend l’élève en retard, qui reconnaît la vieille dame du mercredi, produit une valeur que nul tableur ne saura chiffrer. Les klaxons du rond-point l’ont dit à sa place.
Ce qu’il reste à écrire
Le contexte ne précise ni la ligne exploitée, ni la commune du fameux rond-point, ni les projets de l’intéressé — et il n’est pas nécessaire d’en savoir davantage pour comprendre. Reste, pour le lecteur, une invitation discrète : la prochaine fois qu’un chauffeur vous saluera en montant, rendez-lui son bonjour. C’est peu de chose, et c’est exactement ce qui, au bout de quarante ans, fait un cortège au rond-point.
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