Jared Kushner et Steve Witkoff ont atterri samedi 5 septembre à Vnoukovo, à 11h52 heure de Paris selon franceinfo, soit peu avant 13 heures locales d’après les agences TASS et Ria Novosti citées par Radio-Canada. Quelques heures après l’arrivée des émissaires américains à Moscou, Vladimir Poutine suspend les frappes sur Kiev pendant trois jours, une décision annoncée par le Kremlin le temps de ces rencontres.

Un accueil à Vnoukovo, un programme en deux temps

À leur descente d’avion, les deux hommes ont été accueillis par Kirill Dmitriev, l’émissaire russe chargé des questions économiques, selon Radio-Canada. D’après le média Axios, cité par RFI, ils s’entretiennent d’abord samedi avec Vladimir Poutine, avant de gagner Kiev dimanche pour y rencontrer Volodymyr Zelensky. Ce sera leur premier déplacement dans la capitale ukrainienne depuis qu’ils ont entamé leur travail de médiation dans ce conflit. Donald Trump n’a pas précisé le contenu de la proposition que portent ses envoyés, ni si elle impliquerait des cessions territoriales de la part de l’Ukraine, mais il a déclaré : « Nous avons une idée pour la paix », rapporte Radio-Canada. Le président américain a par ailleurs attribué la guerre à un problème de personnalités entre MM. Zelensky et Poutine.

Trois jours sans frappes, une retenue affichée de part et d’autre

« Le président russe et commandant en chef suprême [Vladimir] Poutine a donné l’ordre de ne pas frapper Kiev pendant trois jours à compter de minuit aujourd’hui », a déclaré Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass. Cette pause, réclamée par Volodymyr Zelensky selon franceinfo, prendra effet dans la nuit de samedi à dimanche. Le président ukrainien a répondu sur Telegram que l’Ukraine était « prête à s’abstenir de frappes contre Moscou » jusqu’à lundi inclus, espérant que la Russie ferait de même envers Kiev, et s’est dit prêt à « une discussion constructive » avec MM. Witkoff et Kushner.

Des aéroports visés et des victimes à Kamianske

Ce geste diplomatique intervient après une nuit meurtrière. Volodymyr Zelensky a accusé la Russie d’avoir mené des attaques « délibérées » contre les aéroports de Kiev et de Boryspil, y voyant, selon franceinfo, une réaction à l’éventualité que les émissaires américains rejoignent l’Ukraine par avion. Samedi matin, une attaque russe a frappé Kamianske, ville du centre de l’Ukraine, tuant au moins quatre personnes et en blessant cinq, dont une femme de 30 ans placée en soins intensifs, a rapporté sur Telegram Oleksandr Ganzha, à la tête de l’administration régionale de Dnipropetrovsk. La veille, vendredi, un drone russe avait atteint le siège du Service de sécurité ukrainien (SBU), au cœur du vieux Kiev, blessant quinze personnes selon l’administration militaire de la capitale, citée par Radio-Canada. L’engin visait le bureau du chef du service, Oleksandre Poklad, absent au moment de la frappe, a affirmé le président ukrainien.

Une médiation sans résultat tangible depuis 2025

Revenu à la Maison-Blanche au début de 2025, Donald Trump a engagé plusieurs cycles de pourparlers sur ce conflit, déclenché par l’offensive russe à grande échelle de février 2022, sans qu’aucune avancée concrète n’en soit sortie à ce jour, rappelle Radio-Canada. La semaine dernière, le déplacement à Moscou du directeur de la CIA, John Ratcliffe — un fait rare —, avait déjà nourri les conjectures ; le Kremlin a indiqué qu’il y avait rencontré le renseignement russe.

Le contenu précis de la proposition américaine demeure inconnu, tout comme la position de Kiev sur d’éventuelles concessions. Les prochaines quarante-huit heures diront si la rencontre de samedi avec Vladimir Poutine, puis celle de dimanche avec Volodymyr Zelensky, ouvrent enfin une voie — Dmitri Peskov lui-même s’est borné à observer que ces échanges avaient, par le passé, été longs.