Une conférence de presse mardi à 17 h 00

Le gouvernement a choisi de répondre publiquement mardi, à 17 h 00, lors d’une conférence de presse à Bercy, selon le porte-parolat cité lundi 21 septembre. Les ministres Maud Bregeon, Roland Lescure, David Amiel, Stéphanie Rist, Catherine Chabaud et Serge Papin y présenteront des « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien », avant de répondre aux journalistes. Le fait est important pour le lecteur : la séquence n’annonce pas encore des mesures détaillées, mais elle confirme qu’un train d’aides est préparé et qu’il sera porté par plusieurs portefeuilles à la fois, de l’énergie à la santé, en passant par la pêche et le pouvoir d’achat.

Dans le même temps, Roland Lescure a tenu à minorer le risque immédiat sur l’approvisionnement en affirmant que la France n’a « pas d’enjeu d’approvisionnement » à ce stade. Il a ajouté que les stocks stratégiques sont « à plein » et qu’il n’y a « pas d’inquiétude » pour les deux mois qui viennent. La ligne est claire : le gouvernement parle d’anticipation, pas de pénurie. Mais il reconnaît aussi que la visibilité se limite aux six à huit semaines à venir, et que tout dépendra ensuite de l’évolution du conflit au Moyen-Orient.

Catherine Chabaud cherche un terrain d’entente avec les pêcheurs

Lundi, Catherine Chabaud s’est rendue à Sète, puis au Grau-du-Roi, pour poursuivre des discussions engagées avec des pêcheurs de Méditerranée, selon son entourage. Elle avait déjà rencontré une partie de leur délégation à Paris jeudi dernier, et la réunion de Sète a rassemblé une soixantaine de pêcheurs, d’après Bertrand Wendling, de l’organisation de producteurs Sathoan. Celui-ci a indiqué à l’AFP que la rencontre avait permis d’entrer dans « plus de détails » et d’aborder des points qui n’avaient pas été évoqués auparavant.

La ministre dit vouloir « accélérer » pour trouver des solutions au-delà de la seule question du carburant. Dans les faits, les échanges portent aussi sur le plan européen West Med, sur les quotas de pêche et sur les autorisations de pêche du thon rouge demandées par les professionnels méditerranéens. Le plan West Med, qui encadre l’effort de pêche, est jugé trop restrictif par les pêcheurs, notamment à cause de la limite de 100 sorties en mer par an et de filets aux mailles jugées trop larges. La ministre a annoncé qu’elle se rendrait mardi à Bruxelles pour rencontrer le commissaire européen à la Pêche, Kostas Kadis, afin de lui dire que ce plan « n’est pas adapté » et qu’il faut accélérer les solutions.

Le gazole alimente la colère des flottilles méditerranéennes

La hausse du prix du gazole reste le déclencheur principal de la mobilisation, selon les éléments du dossier. Dimanche, le gazole atteignait 2,41 euros le litre en moyenne en France, un nouveau record, tandis que le SP 98 s’affichait à 2,88 euros et que, dans une station de l’avenue Duquesne à Paris, le litre de gazole montait à 2,90 euros. Ces niveaux nourrissent la contestation des pêcheurs méditerranéens, qui disent ne plus pouvoir travailler dans des conditions rentables.

Le mouvement s’est vu dans plusieurs ports. À Cannes, une quinzaine de petits bateaux ont bloqué le Vieux-Port tôt lundi matin. Le blocage a ensuite été levé en milieu de journée, selon ICI Côte d’Azur. La semaine précédente, les pêcheurs avaient déjà paralysé des sites de Nice à Port-la-Nouvelle, en passant par Fos-sur-Mer, pendant quatre jours. Après plus de six heures de réunion jeudi au ministère à Paris, la protestation s’était calmée, mais elle n’a pas disparu : les professionnels veulent désormais voir si les engagements annoncés se traduisent en mesures concrètes.

Ce qui reste ouvert après les annonces

Pour l’heure, plusieurs points demeurent incertains. Le gouvernement promet de nouvelles aides mardi, mais n’a pas encore détaillé leur contenu. Catherine Chabaud parle d’un « plan de sauvegarde » à construire avec les pêcheurs, les scientifiques, les professionnels et les services de l’État, mais ce plan n’est pas encore arrêté. La discussion sur le thon rouge, les quotas et la révision éventuelle de West Med doit encore se poursuivre à Bruxelles puis dans les enceintes de négociation habituelles.

Le dossier montre donc un exécutif en phase de rattrapage plutôt qu’en position de confort. Les carburants pèsent sur les pêcheurs, la hausse des prix agit comme un accélérateur de colère, et l’État tente désormais d’assembler des réponses à plusieurs étages. Mardi dira si l’annonce de Bercy apporte autre chose qu’un calendrier ; c’est là, au fond, que se mesurera la solidité du fameux « plan de sauvegarde ».