Une reprise lente, mais réelle, portée par l’industrie et les services

L’indicateur synthétique du climat des affaires publié par l’Insee s’établit à 98 points en août 2026, après 97 en juillet et 94 en mai et juin. Cette progression, bien que mesurée, marque un troisième mois consécutif d’amélioration, réduisant l’écart avec la moyenne de long terme (100 points). L’industrie, avec un indicateur à 103 points, tire cette dynamique, portée par une hausse des perspectives de production. Les services, à 100 points, reviennent quant à eux à leur niveau moyen historique, tandis que le bâtiment reste en retrait à 96 points, confirmant une reprise incomplète et inégale entre secteurs.

Cette amélioration progressive contraste avec le contexte international toujours tendu. Les chefs d’entreprise interrogés entre le 22 juillet et le 5 août par la Banque de France anticipent une accélération de l’activité pour août, notamment dans l’industrie et le bâtiment. Pourtant, les disparités sectorielles persistent : la production industrielle progresse modérément, soutenue par les branches liées aux investissements technologiques et énergétiques, tandis que les services marchands, bien que légèrement positifs, restent fragiles. La situation de trésorerie, proche de la normale dans l’industrie, reste globalement défavorable dans les services, malgré une légère amélioration.

Inflation et pouvoir d’achat : l’étau se resserre sur les ménages

L’inflation en France accélère à 2,4 % sur un an en août 2026, contre 2,1 % en juillet, selon les données de l’Insee. Cette hausse est principalement tirée par les prix de l’énergie et les produits alimentaires frais, dont les tarifs ont bondi de 5,8 % sur un an. À l’inverse, la baisse des prix des produits manufacturés, qui avait limité l’impact sur le pouvoir d’achat ces derniers mois, s’essouffle désormais. Résultat : le pouvoir d’achat des ménages recule de 0,6 % par unité de consommation au deuxième trimestre 2026, une dégradation qui s’ajoute à la stagnation du PIB (+0,0 % après -0,2 % au T1).

Emploi et croissance : entre stagnation et révisions statistiques

Le taux de chômage atteint 8,3 % de la population active au deuxième trimestre 2026, soit une hausse de 0,2 point par rapport au trimestre précédent. Cette tension sur le marché du travail s’ajoute à la stagnation du PIB, révisé à 0,0 % pour le T2, contre une première estimation de +0,2 %. Avec cette révision, l’acquis de croissance pour l’année 2026 s’établit à 0,3 %, un niveau très en deçà des objectifs initiaux du gouvernement. Les arbitrages budgétaires en cours risquent d’être encore plus serrés.

Ce qui reste à surveiller

Trois éléments méritent une attention particulière dans les prochaines semaines. D’abord, l’évolution des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui pourraient aggraver les perturbations logistiques et alimenter l’inflation. Ensuite, l’impact des canicules sur l’agriculture et la construction, dont les rendements et la productivité pourraient encore se dégrader. Enfin, la capacité des entreprises à traduire la légère amélioration du climat des affaires en investissements et recrutements concrets, alors que les marges restent sous pression.

Pour les ménages, la priorité reste la maîtrise de l’inflation, notamment sur les produits alimentaires et l’énergie. Pour les entreprises, l’enjeu est double : profiter de la reprise sectorielle pour consolider leurs positions, tout en anticipant les risques persistants. Une chose est sûre : en août 2026, l’économie française ne s’effondre pas, mais elle ne décolle pas non plus.