Funérailles de Ratko Mladic à Belgrade : la critique de Bruxelles
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Des milliers de personnes se sont rassemblées à Belgrade le lundi 7 septembre pour les funérailles de Ratko Mladic, provoquant une vive critique de Bruxelles face à la glorification d’un homme condamné pour génocide. Ce rassemblement massif devant l’église Saint-Luka illustre la tension persistante entre la mémoire nationale serbe et les exigences diplomatiques de l’Union européenne concernant le passé de la guerre en Bosnie.
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Le lundi 7 septembre 2026, la capitale serbe a été le théâtre d’un rassemblement massif pour les obsèques de Ratko Mladic. L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, condamné par la justice internationale pour son rôle dans le massacre de Srebrenica en juillet 1995 — où environ 8 000 hommes et adolescents musulmans ont été tués —, a reçu un hommage qui a suscité une vive polémique diplomatique. Selon les rapports de plusieurs médias, dont Radio-Canada et France 24, des milliers de personnes se sont agglutinées devant la petite église orthodoxe Saint-Luka à Belgrade pour célébrer ses funérailles.
Un hommage nationaliste sous haute surveillance
Le cortège funèbre, qui a débuté par le transport du cercueil recouvert de drapeaux nationaux par un avion gouvernemental jeudi dernier, a été accueilli avec des honneurs militaires. Malgré l’absence d’Aleksandar Vucic, qui a justifié son indisponibilité par un engagement préalable, le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujic, avait initialement annoncé ces hommages d’État. La cérémonie, organisée officiellement par le fils du défunt, Darko, a vu des fidèles embrasser le cercueil où trônaient sa photo, ses médailles et sa casquette à visière emblématique. Des banderoles proclamaient la gloire de la « Grande Serbie » tandis que des vétérans et des citoyens venus notamment de la Republika Srpska saluaient ce qu’ils considèrent comme un héros national.
Le patriarche Porfirije a pourtant souligné devant l’assemblée que le nom de Mladic resterait gravé dans la mémoire du peuple orthodoxe serbe, exprimant une « profonde gratitude » à son égard. Cette reconnaissance publique contraste avec les condamnations internationales. Ratko Mladic est décédé fin août à l’âge de 84 ans aux Pays-Bas, alors qu’il purgeait une peine de prison à La Haye pour génocide et crimes contre l’humanité commis durant la guerre de Bosnie des années 1990.
Le blocage diplomatique avec l’Union européenne
Cette atmosphère de célébration a provoqué une réaction immédiate et ferme de Bruxelles. Un porte-parole du service diplomatique de l’UE a déclaré que le révisionnisme et la négation du génocide n’ont aucune place dans les pays candidats à l’adhésion, à l’instar de la Serbie. La commissaire européenne chargée de l’élargissement, Marta Kos, a d’ailleurs annulé une visite prévue le 9 septembre en raison de cette « glorification » jugée incompatible avec les valeurs de l’Union.
De son côté, Denis Becirovic, membre bosniaque de la présidence tripartite du pays, a dénoncé sur les réseaux sociaux l’identification des dirigeants serbes à l’un des pires tueurs de l’histoire européenne, prévenant que ces actes pourraient avoir des conséquences imprévisibles pour la stabilité régionale.
Un bilan humain et historique lourd
Le contexte de ces obsèques rappelle l’ampleur du conflit qui a meurtri la région entre 1992 et 1995. Selon les données fournies par Radio-Canada, cette guerre a causé environ 100 000 morts et a provoqué le déplacement de 2,2 millions de personnes. Mladic, souvent qualifié par les médias internationaux de « boucher des Balkans », avait été arrêté en 2011 après seize années de cavale avant sa condamnation définitive à la prison à perpétuité en 2021.
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