Le Conseil de l’Europe a récemment structuré la classification des outils d’intelligence artificielle afin de mieux encadrer leur interaction avec le public, et plus particulièrement avec les mineurs. Cette distinction repose sur une segmentation précise des usages : d’une part, les chatbots généralistes ; d’autre part, les compagnons IA ; et enfin, les applications spécialisées dédiées à la santé ou au bien-être. Chaque catégorie est soumise à un régime de risques différencié qui dépend directement du système employé et de la finalité de l’usage.

Ce dispositif vise à instaurer une signalétique claire pour les jeunes afin d’éviter toute confusion lors de leurs interactions avec les chatbots.

Une segmentation des risques par usage

Selon le Conseil de l’Europe, les compagnons IA ne présentent pas une dangerosité uniforme. Le risque varie en fonction de la manière dont ces outils sont sollicités par l’utilisateur. Face à cette diversité technologique, l’institution souligne que les applications spécialisées dans le domaine de la santé ou du bien-être exigent une vigilance accrue. Pour répondre à ces enjeux, les travaux menés sur les jeunes utilisateurs appellent explicitement à la mise en place d’une signalétique plus claire pour les chatbots et compagnons IA. L’objectif est d’éviter toute confusion entre une interaction humaine et une réponse automatisée, tout en instaurant des mécanismes de responsabilité robustes et une protection adaptée aux vulnérabilités spécifiques des mineurs.

Transparence contre manipulation numérique

Le cadre européen de transparence ne se contente pas d’une simple mention technique. Il vise prioritairement à contrer trois dérives majeures : la tromperie, l’usurpation et la désinformation. En clarifiant les signaux visuels et techniques pour les jeunes face aux chatbots, le dispositif cherche à limiter les capacités de manipulation des algorithmes sur les publics sensibles. Qu’on nous permette de nous étonner de la nécessité d’une telle pédagogie face à des outils si omniprésents ; il s’agit ici de définir des réglages précis pour garantir que l’utilisateur sache avec qui — ou plutôt quoi — il échange.

Ce qu’il reste à déterminer

Bien que ces recommandations du Conseil de l’Europe fixent une direction claire, la mise en œuvre concrète des signaux d’identification varie selon les plateformes. Le dossier ne précise pas encore le calendrier exact de déploiement de ces signalétiques pour tous les types de compagnons IA et chatbots, ni les sanctions précises prévues en cas de non-conformité aux règles de transparence.

Source : Conseil de l’Europe — https://www.coe.int/fr/web/human-rights-and-biomedicine/-/evaluating-the-ethical-and-human-rights-implications-of-chatbots