L’ONU adopte des cartes du monde aux proportions réelles
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L’Assemblée générale des Nations Unies a validé vendredi une résolution visant à adopter une cartographie mondiale plus fidèle aux dimensions réelles des continents. Ce texte, porté par le Togo et l’Union africaine avec le coparrainage de la France, a été adopté par 164 voix contre une seule opposition.
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Le paysage cartographique mondial s’apprête à connaître une mutation profonde sous l’impulsion d’une volonté de rectitude scientifique. L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté vendredi 4 septembre 2026 une résolution visant à promouvoir une représentation plus fidèle à la taille réelle des continents. Cette initiative, portée par le Togo et l’Union africaine avec le coparrainage de la France, marque une volonté délibérée d’écarter les distorsions historiques au profit d’une vision géographique équilibrée.
L’abandon de la projection de Mercator
Au cœur de cette réforme se trouve l’invitation à abandonner la célèbre projection de Mercator. Conçue par le cartographe flamand Gerardus Mercator, né en 1512, cette méthode était initialement destinée à la navigation maritime. Cependant, elle possède une caractéristique structurelle majeure : elle agrandit artificiellement les territoires situés aux hautes latitudes tout en rétrécissant l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie du Sud. Selon le texte de la résolution adopté par l’ONU, cette distorsion contribue à minimiser dans les esprits la taille réelle de ces régions géographiques et perpétue une vision déséquilibrée de notre planète.
Le passage à la projection « Equal Earth »
Pour pallier ces biais, la résolution encourage désormais les États et les organisations internationales à privilégier des représentations de type « Equal Earth ». Ce modèle cartographique respecte les proportions réelles des continents, offrant ainsi une perspective moins déformée pour l’éducation et la perception collective. Pour Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères intervenu à la tribune, les cartes ne sont jamais neutres : elles orientent l’imaginaire et peuvent transmettre des représentations erronées de génération en génération si elles ne reposent pas sur la rigueur scientifique.
Un vote quasi unanime et une opposition américaine
Le passage de cette résolution témoigne d’une convergence internationale massive. Le texte a été adopté par 164 voix contre une seule, celle des États-Unis, et s’accompagne de six abstentions. La représentante américaine Yaryna Ferencevych a vivement dénoncé ce changement, y voyant un « agenda idéologique » nuisible à la crédibilité de l’ONU. Elle a déploré que l’institution se concentre sur des projets cartographiques datant du XVIe siècle plutôt que sur les enjeux actuels de paix internationale.
Une volonté diplomatique française
La France, en tant que coparraine, apporte un soutien appuyé à cette réforme dans une période où elle cherche activement à renouer avec le continent africain. Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères français, a souligné lors d’un discours prononcé vendredi à la Sorbonne que corriger une représentation déformée du monde constitue déjà une « œuvre de vérité ». Cette démarche s’inscrit dans une volonté globale de promouvoir l’égale dignité de tous les peuples à travers une connaissance géographique exacte.
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