Le sexisme d’un groupe hindou provoque une grève à la Tour Eiffel
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La Tour Eiffel est restée fermée lundi 7 septembre suite à une grève du personnel protestant contre l’éviction de femmes salariées lors de la visite, samedi, d’une délégation du mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS). Selon les salariés, des consignes avaient imposé que les interactions avec les femmes soient limitées durant le passage de cette délégation, composée d’une centaine de personnes venue à l’occasion de l’inauguration d’un temple à Bussy-Saint-Georges. La Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a confirmé avoir accepté ces conditions, admettant que cette concession n’aurait jamais dû être consentie.
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Les consignes discriminatoires appliquées samedi
Le personnel de la Tour Eiffel a dénoncé dans un communiqué obtenu par franceinfo des « consignes professionnelles qui ont conduit les femmes salariées à être écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe » lors du passage de la délégation hindoue. Certaines ont reçu l’ordre de quitter leur poste pour se tenir à l’écart dans des locaux. D’autres ont été remplacées par des collègues masculins aux postes qu’elles occupaient habituellement. Plus largement, l’ensemble des femmes salariées, ainsi que celles des entreprises prestataires, ont reçu instruction de ne pas traverser certaines zones du monument durant la présence des visiteurs.
La visite s’inscrivait dans un contexte plus large : le même jour, samedi, le mouvement BAPS organisait une procession culturelle en bateau sur la Seine en marge de l’inauguration de son premier temple majeur en France, à Bussy-Saint-Georges en Seine-et-Marne. Le maître spirituel du mouvement, Mahan Swami Maharaj, âgé de 93 ans, a consacré ce temple dimanche sans accès accordé à la presse, entouré uniquement de moines et d’hommes.
La reconnaissance des responsabilités
La SETE a confirmé les faits auprès de franceinfo. Elle a précisé que les représentants de la délégation avaient demandé en amont que la visite soit organisée « en limitant les interactions avec les femmes ». L’organisation a également reconnu que « ces conditions n’auraient pas dû être acceptées ». Le président de la SETE, Ariel Weil, a déclaré que la direction allait « faire la lumière sur ce qu’il s’est passé et en tirera les conséquences ».
Dès lundi matin, une première assemblée générale a réuni le personnel et la direction. La SETE s’est engagée à réaliser « un examen précis des conditions dans lesquelles cette visite a été organisée » et a promis les remboursements des billets aux visiteurs concernés. Une seconde assemblée générale s’est tenue en présence de l’équipe de soirée qui avait vécu directement ces pratiques le jour de la visite.
Les réactions politiques et syndicales
La discrimination a suscité des condamnations officielles rapides. Emmanuel Grégoire, maire socialiste de Paris, a estimé sur X (anciennement Twitter) qu’« il n’est pas acceptable » que de telles conditions « puissent être tolérées ». Il a annoncé le lancement d’une enquête « dans les plus brefs délais ». Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, s’est déclarée « choquée » par la demande initiale et a affirmé avoir personnellement informé les représentants du BAPS en France que « de telles pratiques étaient contraires aux lois de la République ».
Denis Vavassori, secrétaire général de la CGT du monument parisien, a indiqué à franceinfo que les salariés avaient décidé de reprendre le travail mardi après les discussions avec la direction. Il a précisé qu’« un accord pour encadrer les délégations VIP sera étudié dans les prochaines semaines », marquant une volonté de prévenir de futures récidives.
Les justifications et contexte du BAPS
Le mouvement BAPS a présenté ses « sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation ». Selon l’organisation contactée par franceinfo, la visite avait été organisée « en coordination avec les équipes de la tour Eiffel » afin de « limiter autant que possible toute gêne pour les autres visiteurs » compte tenu de la taille de la délégation. L’organisation est décrite par une partie de la diaspora indienne comme particulièrement conservatrice et nationaliste, proche du Premier ministre indien Narendra Modi.
Un bénévole du mouvement interrogé par l’AFP avait commenté les pratiques de séparation par genre lors des cérémonies religieuses, évoquant l’existence de « saints » aux « règles à respecter », en affirmant que cette séparation « n’avait rien à voir avec le fait d’avoir des inégalités ». Néanmoins, l’incident à la Tour Eiffel a clairement montré que l’application de ces principes religieux dans un espace public français soulevait une tension majeure entre liberté de culte et égalité des droits.
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