Le témoignage de Zoé face à l’emprise algorithmique de TikTok
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Zoé, une jeune femme de 19 ans originaire de Strasbourg, a survécu à plusieurs tentatives de suicide encouragées par l’algorithme de TikTok. Sa mère, Morgane, témoigne aujourd’hui du traumatisme subi durant cinq années et explique comment la plateforme a propulsé des contenus incitant à l’automutilation vers sa fille. Ce témoignage soutient une action en justice collective visant à réguler les algorithmes pour protéger la santé mentale des adolescents.
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Le parcours de Zoé, une jeune femme de 19 ans originaire de Strasbourg, illustre avec une brutalité saisissante les dérives algorithmiques des plateformes numériques actuelles. Sous le pseudonyme de Maële durant ses années d’adolescence, elle a été plongée dans un cycle de contenus toxiques sur TikTok qui ont directement alimenté son mal-être psychologique. Sa mère, Morgane, relate avec émotion comment sa fille a été progressivement submergée par des vidéos incitant à l’automutilation et au suicide. Ce phénomène ne relève pas d’une simple exposition fortuite : la puissance de l’algorithme a capturé l’attention de la jeune fille en lui proposant systématiquement des contenus néfastes, même lorsqu’elle tentait d’interagir avec des publications de soutien.
Un engrenage algorithmique et une détresse invisible
Le drame a débuté dès que Zoé a accédé à un téléphone portable en classe de quatrième. Bien que ses parents aient instauré des mesures de contrôle strictes, comme l’absence de connexion 4G ou Wi-Fi, la jeune fille a été victime de harcèlement scolaire orchestré par un camarade via des groupes WhatsApp dont elle était exclue. Cette violence psychologique initiale a conduit Zoé à se scarifier et à multiplier les tentatives de suicide, conduisant à des hospitalisations répétées d’une durée variable allant d’une semaine à quatre semaines. Durant ces périodes, le corps médical a diagnostiqué un « mal-être fluctuant », sans toutefois identifier la source précise du traumatisme : l’exposition continue à des tutoriels détaillant les méthodes de suicide ou les médicaments à utiliser.
La naissance d’un collectif pour une régulation stricte
Le déclic est survenu lorsque Morgane a entendu un reportage radiophonique mentionnant des familles portant plainte contre TikTok. Cette prise de conscience a transformé la douleur privée en une lutte publique au sein du collectif Algos Victima. Le 4 novembre 2024, ce groupe a officiellement déposé une plainte pour mise en danger de la santé mentale d’autrui contre le géant chinois. Aujourd’hui, ce mouvement regroupe une vingtaine de familles, dont certaines ont perdu des enfants. L’objectif est clair : obtenir une modération accrue et une régulation plus rigoureuse des algorithmes qui glamourisent des actes tragiques. Zoé elle-même s’apprête désormais à témoigner publiquement pour porter ce combat contre la banalisation du suicide en ligne.
Des répercussions législatives et un témoignage public
L’impact de ces témoignages dépasse le cadre individuel et influence actuellement le débat politique national. Le ministre de l’Éducation nationale a déjà saisi le procureur de la République après avoir personnellement testé les mécanismes du système fin mars. Parallèlement, une loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans est actuellement en cours d’examen au Sénat. Zoé, qui se porte mieux aujourd’hui, a choisi de sortir de l’anonymat pour témoigner sous son vrai nom le mardi 7 avril devant le club de la presse de Strasbourg. Son récit sert désormais de pierre angulaire à une demande urgente de protection face aux dérives de l’intelligence artificielle et des algorithmes.
Le combat se poursuit pour transformer cette tragédie personnelle en un changement structurel du paysage numérique français.
Sources et traçabilité · 1 source
- Zoé, 19 ans, victime de l'algorithme des réseaux sociaux : "Sur TikTok, vous avez des tutos suicide"france3-regions.franceinfo.fr
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