Les Philippines désignent un site pour un pôle IA menaçant la tribu Aetas
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Aux Philippines, une tension inédite oppose les ambitions technologiques américaines aux droits ancestraux d’une population autochtone. En avril dernier, Washington a confirmé que le pays avait rejoint Pax Silica, une initiative visant à sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en composants pour centres de données. Les autorités philippines ont alors désigné un vaste site de 1.620 hectares situé dans la province de Tarlac, au nord-ouest de Manille. Ce projet industriel colossal vise à produire des composants haut de gamme destinés aux infrastructures d’intelligence artificielle, avec l’objectif affiché d’attirer jusqu’à 70 milliards de dollars d’investissements et de créer environ 190.000 emplois. Cependant, cette expansion fulgurante se heurte à la réalité du terrain : dans cette région vivent depuis des générations les Aetas, une tribu dont l’existence même est menacée par ce développement technologique sans précédent.
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Une expulsion ordonnée avant la fin de l’année
La situation s’est cristallisée en juillet lorsque la société d’État BCDA, chargée des conversions de bases militaires et du développement territorial, a officiellement averti les habitants que leurs terres pourraient être affectées au projet. Pour Petronila Munoz, cheffe autochtone âgée de 63 ans, l’annonce est tombée comme un couperet. Selon elle, l’entreprise qui gère le site leur a ordonné de quitter leurs terres d’ici décembre et de se réinstaller à 16 kilomètres du lieu actuel. L’offre alternative proposée par les promoteurs consistait en des terrains situés à 30 pesos, soit environ 42 centimes, par mètre carré. Une proposition que la tribu a fermement rejetée. Petronila Munoz refuse de quitter ses terres ancestrales, même si une pelleteuse venait de raser sa maison. Elle espère encore être enterrée dans le cimetière traditionnel de sa communauté. « Pourquoi est-ce que nous devrions faire des sacrifices pour le type de développement qu’ils souhaitent ? » s’interroge-t-elle avec amertume, soulignant que ses vies, ses moyens de subsistance et sa culture sont inextricablement liés à cette terre ancestrale.
Un projet industriel aux ambitions géantes
Le projet en question ne se limite pas à une simple extension urbaine ; il s’agit d’un véritable pôle technologique stratégique. Les Philippines ont désigné ce site de 1.620 hectares à New Clark City pour y implanter un complexe industriel visant la fabrication de composants haut de gamme pour les infrastructures d’intelligence artificielle. L’enjeu économique est colossal : les autorités espèrent attirer jusqu’à 70 milliards de dollars d’investissements étrangers et créer environ 190.000 emplois directs. Ce projet s’inscrit dans le cadre de Pax Silica, une initiative internationale lancée par les États-Unis en décembre pour arrimer ses alliés à ses chaînes d’approvisionnement technologiques face à la forte demande liée à l’intelligence artificielle. La tribu des Aetas, installée depuis des générations au sein de prairies situées à environ une centaine de kilomètres de Manille, se retrouve ainsi confrontée à cette machine industrielle sans avoir été consultée préalablement sur les contours exacts du projet.
Le silence des institutions et l’opposition croissante
Face aux inquiétudes exprimées par diverses associations concernant l’impact environnemental du projet, notamment la demande massive en électricité et en eau dans un État où les pannes sont courantes, le président de l’entreprise, Joshua Bingcang, a indiqué que les investisseurs devront édifier leurs propres réseaux d’alimentation. Devant le Sénat philippin, il a rappelé que la tribu vivait sur des terres domaniales et ne détenait aucun titre foncier officiel. Par ailleurs, BCDA n’a pas répondu aux interrogations précises sur le sort des Aetas et a également refusé de fournir les données géospatiales du site. Malgré les assurances du département d’État américain selon lequel le projet prendrait en compte les études environnementales, hydriques et énergétiques, la méfiance persiste. L’économiste Calixto Chikiamco, partisan du projet, critique pourtant le gouvernement pour avoir fait « un travail épouvantable » pour expliquer les avantages et les compromis. De son côté, Alvin Camba, directeur de la recherche dans une entreprise spécialisée dans l’évaluation des risques, souligne que les investisseurs pourraient être encouragés à participer grâce à la proximité entre Manille et Washington, mais appelle également les autorités à plus de transparence.
Sources et traçabilité · 4 sources
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- Aux Philippines, une tribu menacée d'expulsion par un projet industriel ...franceinfo.fr
- Philippines : la tribu des Aetas menacée par un projet américainrts.ch
- Aux Philippines, l'angoisse d'une tribu face à un projet IA américainla-croix.com
- Aux Philippines, l'angoisse d'une tribu face à un projet IA américainboursedirect.fr
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