Le dimanche 25 octobre 2026, Marine Le Pen a inauguré sa campagne présidentielle par un grand meeting à Orléans, dans le Loiret. Ce rassemblement, organisé au sein du Zenith après la réélection de Jordan Bardella lors du congrès du Rassemblement national (RN) samedi précédent, marquait l’ouverture officielle de son mandat de candidate unique pour l’extrême droite. La présidente du parti a utilisé cette tribune pour esquisser les contours d’une présidence qu’elle qualifie de « renaissance », une formule centrale de sa communication actuelle.

Selon la source RTS, publiée le 25 octobre, la candidate

Selon la source RTS, publiée le 25 octobre, la candidate s’est engagée à transformer la France en « une nation de paix ». Elle a explicitement affirmé lors de son intervention que son gouvernement ne ferait pas appel aux jeunes Français pour qu’ils « moururent dans des guerres qui ne sont pas les nôtres ». Cette déclaration vise directement le contexte géopolitique international et s’inscrit dans une stratégie de différenciation par rapport à une politique étrangère jugée plus agressive. Elle a également insisté sur le fait qu’une telle approche, loin d’être un signe de faiblesse selon elle, serait au contraire un acte de courage.

Dans ce même discours, Marine Le Pen a évoqué la nécessité d’inscrire « la communauté nationale » dans la Constitution française. Pour justifier cette ambition constitutionnelle, elle a appelé à former un gouvernement « d’union nationale », qualifié par elle de « pluraliste ». Elle a confirmé que ce cabinet serait dirigé par Jordan Bardella, actuellement président du Rassemblement national. Sa volonté est explicitée : en cas de victoire aux élections de mai prochain, Bardella deviendrait le chef de l’orchestre gouvernemental, tandis qu’elle conserverait la fonction de Premier ministre. Cette répartition des rôles vise à rassurer une partie de l’électorat sur la gestion du pays après un changement de majorité.

Le ton général du meeting était optimiste, en rupture avec les événements tendus de la veille. Malgré l’attentat raciste commis à Trappes en banlieue parisienne et les dégradations observées lors des manifestations lycéennes du 17 octobre, Marine Le Pen a affirmé que « la France a de beaux jours devant elle ». Elle juge d’ailleurs que « la bataille du constat est gagnée » et soutient que « tout le monde en France est d’accord avec nous ».

Cette posture vise à minimiser l’impact des violences récentes sur son électorat et à présenter sa candidature comme un remède à la division sociale. Elle a également dénoncé ce qu’elle appelle les « obscurantismes » de l’islamisme, des antifascistes, des Insoumis et des écologistes, les qualifiant d’ennemis de sa « renaissance ».

L’organisation du meeting s’est déroulée dans un climat de tension sécuritaire marquée. Pour garantir la tenue de cet événement, près de 3000 policiers et gendarmes ont été déployés à Orléans tout le week-end. Ce dispositif massif a permis d’éloigner les manifestants antifascistes, estimés entre 13 000 et 26 000 personnes la veille pour protester contre le congrès du parti. Une centaine de militants ont également été empêchés d’approcher le lieu du meeting dimanche.

Malgré ces mesures strictes, une poignée d’activistes a réussi à

Malgré ces mesures strictes, une poignée d’activistes a réussi à pénétrer dans la salle où se tenait le discours, déployant une banderole ciblant Jordan Bardella avec l’inscription : « Le racisme et l’antisémitisme ça ne dérange pas le RN, au contraire ». Cette action fait référence aux révélations du site d’investigation Mediapart concernant des écrits de jeunesse antisémites attribués à Jordan Bardella.

L’incident lié à cette banderole a immédiatement provoqué une altercation avec le public, suivi d’une intervention musclée du service d’ordre. Un journaliste de Mediapart présent dans les environs a également été fait sortir de la salle, estimant que sa sécurité n’était plus assurée. Le site d’investigation avait déjà été pris à partie lors du congrès samedi. En réponse aux accusations de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) qui a annoncé une plainte pour violences en réunion, Jordan Bardella a accusé « des militants d’ultragauche » d’être venus avec Mediapart pour agresser les militants.

Malgré ces tensions et la condamnation récente de Marine Le Pen en appel pour détournement de fonds publics du Parlement européen, elle a maintenu son cap sur le message de sa campagne. La candidate a également fait l’éloge de la « civilité », qu’elle présente comme un remède à « l’ensauvagement » de la société. Pour elle, c’est « le chemin le plus sûr pour faire reculer la violence ». Elle a précisé que cette démarche s’inscrivait dans une stratégie de fermeté radicale, notamment en matière de sécurité et d’immigration, laissant les déclarations martiales à son dauphin Jordan Bardella.

Ce dernier a souligné qu’une fois en place, il « utilisera tous les moyens légaux pour rétablir l’ordre et protéger les honnêtes gens ». Marine Le Pen s’est abstenue de nommer explicitement certains ennemis politiques ou syndicaux, préférant mettre dans un même sac les groupes cités précédemment. Son objectif est clair : délivrer un message rassurant à ceux qui redoutent son accession au pouvoir, d’autant plus que les sondages la placent largement en tête au premier tour.

L’ambiance dans la salle était électrique, avec 8500 militants présents et scandant régulièrement « on va gagner ». Marine Le Pen a promis de former un gouvernement ouvert, justifiant ce choix par « la situation d’un pays fracturé » et le « désir d’unité des Français ». Elle a déclaré que chaque citoyen, quelle que soit sa diversité de parcours ou de sensibilité, est appelé à participer au mouvement de renaissance qu’elle propose. Cette rhétorique vise à intégrer un maximum d’électeurs potentiels dans son projet politique.

La présence policière massive et les incidents liés aux activistes témoignent de la polarisation du paysage politique français actuel. Les autorités ont dû faire face à des risques de débordements importants, d’où le déploiement renforcé des forces de l’ordre. La ville d’Orléans s’est même barricadée par crainte des troubles. Cet événement illustre comment la campagne présidentielle se déroule dans un contexte de forte mobilisation des deux camps, où les manifestations et les contre-manifestations structurent désormais le calendrier électoral.