Le retour de Berlin, mais avec les coudes

Friedrich Merz se montre plus présent sur les dossiers de l’Union européenne. Sur le papier, c’est rassurant : l’Allemagne revient dans le jeu européen. Dans les faits, selon le récit du jour, cette présence agace parce qu’elle ressemble moins à une relance collective qu’à une défense méthodique de la boutique nationale.

Autrement dit : Berlin parle Europe, mais garde la caisse enregistreuse côté allemand. Une grande tradition continentale, emballée dans du vocabulaire de coopération.

Paris, le partenaire qu’on écoute poliment avant de faire autre chose

La formule résume l’ambiance :

« Les Allemands ne prennent pas les Français au sérieux »

Elle dit surtout le malaise franco-allemand. Pas besoin d’un orchestre dramatique : quand les deux moteurs supposés de l’Union européenne se regardent comme deux copropriétaires en procès, le bâtiment commence à sentir l’humidité.

Le problème n’est pas seulement l’irritation. C’est l’absence de vision commune. Et sans vision commune, l’Europe avance comme un meuble Ikea monté sans notice : tout tient vaguement, jusqu’au premier choc.

Une Europe « priorité nationale », ce magnifique oxymore

Ce que révèle cette séquence :

  • un chancelier plus visible sur l’Europe ;
  • des partenaires européens irrités ;
  • une priorité donnée aux intérêts allemands ;
  • aucune ligne commune suffisamment claire pour calmer les tensions.

C’est le canari dans la mine bruxelloise : si chaque capitale repeint l’Europe aux couleurs de son drapeau, il ne restera bientôt qu’un décor de sommet, des communiqués tièdes et des sourires crispés pour la photo finale.