« La situation m’oblige », a déclaré l’auteure et ancienne directrice de la revue Marianne. Elle précise avoir lancé en septembre dernier un mouvement politique baptisé « Nous sommes la France », dont le but est de rassembler ce qu’elle appelle les « orphelins de la politique ». Selon elle, ce collectif a déjà réuni 60 000 personnes depuis son lancement. Pour Natacha Polony, l’entrée dans l’arène n’est pas un choix de carrière mais une nécessité morale : « Je ne peux pas continuer à regarder mon pays s’effondrer », lance-t-elle avec gravité.

Une critique radicale de l’offre politique actuelle

Dans son discours inaugural, la candidate dénonce une situation qu’elle juge catastrophique sur plusieurs plans. Elle pointe du doigt une « perte totale de rang » de la France concernant les questions économiques, l’indépendance et la souveraineté. Face à cette dégradation, elle oppose sa vision à ce qu’elle qualifie d’impuissance, d’illisibilité, d’irresponsabilité et d’incapacité à penser le temps long. Son projet repose sur une volonté de rupture avec les logiques actuelles, tout en promettant de ne pas recourir à la brutalité ou à la fracturation sociale. Elle s’engage également à défendre la nation et l’État, entourée selon elle de « ceux qui connaissent la machine de l’État ».

Un programme tourné vers la production et les salaires

Au-delà du discours rhétorique, Natacha Polony expose des mesures concrètes qu’elle entend porter. Parmi ses priorités figure une augmentation des salaires comprise entre 20 et 30 %. Elle propose également de mettre en place un « état d’urgence de la production ». Cette mesure viserait à prioriser la fabrication française dans les commandes publiques et à supprimer les aides accordées aux entreprises qui ne produisent pas sur le sol national. Pour accéder au premier tour du scrutin, elle devra désormais réunir 500 signatures de maires, une condition qu’elle juge « aberrante » mais à laquelle elle s’engage à se conformer. Elle affirme déjà recevoir un soutien massif des élus locaux et des citoyens.

Le contexte d’une élection à multiples enjeux

Cette annonce intervient dans un paysage politique français où la Constitution interdit au président sortant, Emmanuel Macron, de se représenter après deux mandats consécutifs. La candidate s’inscrit ainsi dans une course qui pourrait voir émerger plusieurs figures issues du centre ou de l’aile gauche traditionnelle, cherchant à offrir une alternative aux deux grands pôles dominants. Natacha Polony entend troquer son statut d’observatrice pour celui de représentante active, espérant ouvrir un nouveau chemin fondé sur la responsabilité et la liberté. Son slogan de campagne, « Nous sommes la France », résume cette ambition de réunir les Français autour d’un projet commun.