Octobre rose : reconstruire son corps et sa sexualité après un cancer
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Chaque année en octobre, les acteurs se mobilisent pour sensibiliser à la lutte contre le cancer du sein. Une femme guérie et une sexologue interrogées par RFI à l’hôpital Saint-Joseph expliquent comment reconstruire son image corporelle après un cancer.
Comme chaque année en octobre, la mobilisation des acteurs de la lutte contre le cancer du sein s’intensifie sur l’ensemble du territoire français pour sensibiliser à cette pathologie prévalente. Cette campagne annuelle rappelle que plus le diagnostic est précoce, meilleures sont les chances de survie pour la patiente, bien que les traitements et les interventions chirurgicales imposent souvent leur marque par des séquelles physiques et psychologiques durables.
La question centrale qui émerge alors concerne le rapport renouvelé que les femmes entretiennent avec leur corps après la maladie : comment se réapproprier son intimité et sa sexualité face à un nouveau visage ? C’est précisément cette interrogation que RFI a choisie d’aborder dans un reportage réalisé à Paris, au sein de l’hôpital Saint-Joseph, en interrogeant une femme guérie ainsi qu’une sexologue spécialisée.
Le regard sur le corps et la perte du sein
Ysabelle-Rose, âgée de 56 ans, livre son témoignage intime lors de cette interview. Elle exprime clairement que perdre un sein équivaut à perdre, selon ses mots, une partie de sa capacité à séduire. Pour elle, il s’agit d’une atteinte directe au regard que l’homme porte sur la femme, touchant ainsi sa propre perception de sa beauté et de sa sexualité.
Elle a été diagnostiquée l’année précédente avec un cancer du sein de grade 3, ce qui a nécessité une ablation laissant une cicatrice permanente sur sa poitrine. Cette cicatrice marque son corps d’une nouvelle réalité qu’elle accepte difficilement au début : elle confie ne pas être moins femme ni avoir moins d’envies sexuelles, même si elle perçoit que certains hommes limités à l’apparence physique peuvent ressentir du choc face à cette modification.
Les séquelles des traitements et la perturbation de la libido
Au niveau médical, le docteur Sophie Wylomanski, chirurgienne-gynécologue et sexologue à l’hôpital Saint-Joseph, apporte un éclairage technique sur les effets secondaires inévitables des soins. Elle explique que la chirurgie et les cicatrices modifient la sensibilité de la peau, tandis que les rayons utilisés pour traiter le cancer altèrent également le tissu cutané, créant parfois une sensation de peau cartonnée. De plus, l’hormonothérapie tend à assécher les muqueuses.
Ces modifications physiques peuvent entraver le désir sexuel, car celui-ci est étroitement lié à la manière dont on se sent dans son corps et à son estime de soi. Il est donc tout à fait normal que la sexualité soit perturbée pendant le parcours de soin. Le docteur souligne que la libido ne réapparaît pas toujours comme par magie une fois la guérison atteinte, ce qui nécessite un accompagnement spécifique pour reconstruire l’image de soi.
Retrouver la joie du corps par l’art-thérapie
Pour dépasser ces appréhensions et retrouver la joie de vivre, des outils thérapeutiques sont mis en place, comme l’art-thérapie. C’est le cas d’Ysabelle-Rose qui a participé à un atelier lui permettant de surmonter ses blocages. Lors d’une exposition tenue dans le hall de l’hôpital Saint-Joseph, elle pose entièrement nue recouverte d’un camaïeu de peinture violette, une posture qu’elle qualifie de très spirituelle et divine.
Cette pratique lui permet de retrouver la joie du corps et du plaisir, sentiments absents depuis l’opération où elle avait perdu son estime de soi. Elle précise que ce travail intérieur est puissant, car les femmes sont souvent complexées pour le moindre détail physique comme un bouton ou une vergeture. Dans le monde, on diagnostique chaque jour 1 000 cancers du sein, faisant de cette maladie l’une des plus fréquentes chez les femmes, mais aussi l’un de ceux qu’on soigne le mieux si elle est dépistée au plus tôt.
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Sources et traçabilité · 1 source
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- Octobre rose: se réapproprier son corps et sa sexualité après un cancer du sein [1/2]RFI · 20 octobre 2026
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