PLQ : l’austérité libérale enterre deux mesures caquistes
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Dimanche 13 septembre 2026, le Parti libéral du Québec (PLQ) a dévoilé à Québec son cadre financier pour la législature 2026-2031. Parmi les mesures phares de ce document de 15 pages figure l’abolition de deux dispositifs économiques instaurés par la Coalition avenir Québec (CAQ) au printemps 2026 : le remboursement partiel des droits de mutation immobilière pour les premiers acheteurs et l’exemption de taxe de vente du Québec (TVQ) sur certains produits d’épicerie. Ces annulations permettraient au PLQ de réaliser des économies annuelles de 250 millions de dollars, un montant qui s’ajouterait aux autres leviers budgétaires envisagés pour combler l’écart de 5,85 milliards identifié par la Vérificatrice générale du Québec dans son rapport préélectoral d’août 2026. Le chef libéral Charles Milliard a présenté ces propositions lors d’une conférence de presse matinale, accompagné de ses candidats Frédéric Beauchemin et Julie White. Le document s’inscrit dans une stratégie globale visant le retour à l’équilibre budgétaire en 2029, avec des engagements financiers totalisant 11,9 milliards de dollars.
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Deux mesures caquistes sacrifiées sur l’autel de l’équilibre budgétaire
Le PLQ de Charles Milliard a choisi de faire table rase de deux mesures phares du gouvernement Fréchette. D’abord, il propose de mettre fin au crédit d’impôt remboursant jusqu’à 5 875 dollars des droits de mutation immobilière pour les nouveaux acheteurs, communément appelé « taxe de bienvenue ». Ensuite, il envisage de rétablir la TVQ sur certains produits d’épicerie, notamment les cantaloups et melons coupés, jugés peu pertinents pour l’économie québécoise. Selon les calculs internes du parti, cette double suppression générerait des économies annuelles de 250 millions de dollars, un montant qui viendrait alimenter la colonne des revenus du cadre financier libéral. « On a une stratégie totalement différente », a déclaré Charles Milliard lors de la présentation, en opposant son approche à celle de la CAQ, qu’il accuse d’avoir « plombé les finances publiques » ces dernières années. Le chef libéral a précisé que cette annulation prendrait effet dès le 31 mars 2027, si son parti remporte les élections du 5 octobre 2026. En contrepartie, le PLQ propose de remplacer le remboursement de la taxe de bienvenue par un prêt destiné à couvrir la mise de fonds et pouvant s’élever jusqu’à cinquante mille dollars pour les premiers acheteurs, une mesure qui s’inscrit dans une logique de soutien à l’offre plutôt qu’à la demande.
Un plan de rigueur budgétaire étalé sur cinq ans
Pour atteindre son objectif de retour à l’équilibre budgétaire en 2029, le PLQ mise sur une combinaison de restrictions budgétaires et de revenus additionnels. Le cadre financier présenté dimanche prévoit une croissance limitée à 1 % par an entre 2028 et 2030 pour les dépenses des portefeuilles ministériels (hors santé, éducation et culture), un seuil que la Vérificatrice générale du Québec avait déjà qualifié de « coup de frein » dans son analyse du rapport préélectoral. Cette discipline s’accompagne d’une suppression de 12 000 postes dans la fonction publique sur cinq ans et d’un recentrage des crédits d’impôt aux entreprises, notamment ceux dédiés à la recherche et à l’innovation. Le parti estime pouvoir financer ses 11,9 milliards d’engagements grâce à une hausse des transferts fédéraux de 4,36 milliards de dollars, à une meilleure efficacité de l’État (4,25 milliards d’économies prévues) et à une lutte accrue contre l’évasion fiscale et le jeu illégal en ligne. Charles Milliard a cependant reconnu que ces prévisions reposaient sur des hypothèses optimistes, notamment en matière de croissance des revenus, déjà revues à la baisse en raison des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. « La situation dont nous héritons impose des contraintes importantes », a-t-il admis, tout en réaffirmant que son plan était « le plus réaliste et le plus pragmatique » parmi ceux des cinq principaux partis.
Réactions politiques : entre scepticisme et approbation mesurée
Les propositions du PLQ ont suscité des réponses contrastées parmi les autres formations politiques. Éric Girard, ministre des Finances de la CAQ, a critiqué la hausse de 28 milliards du Plan québécois des infrastructures (PQI), portée à 195 milliards sur dix ans, estimant que cette augmentation pourrait inquiéter les agences de notation. À l’inverse, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a salué la crédibilité du cadre financier libéral, le jugeant « plus optimiste, mais réaliste » que ceux des autres partis. Québec solidaire, par la voix de Ruba Ghazal, a de son côté dénoncé le plafonnement à 1 % des dépenses de portefeuilles, y voyant une forme d’austérité déguisée. « On a dépassé le 3 % d’inflation. Quand les dépenses ne suivent pas, c’est de l’austérité », a-t-elle lancé, rappelant que son parti s’engageait à ne pas toucher aux services publics. Charles Milliard a balayé ces critiques, insistant sur le caractère « responsable » de son approche : « Ce n’est pas le temps des dépenses électorales bonbons ou des baisses d’impôt séduisantes, mais peu réalistes. » Le PLQ a également précisé que ses priorités restaient la santé, l’éducation et la culture, promettant de ne pas réduire les services directs à la population. Reste à savoir si les électeurs accorderont leur confiance à cette vision d’un État recentré, entre rigueur budgétaire et maintien des missions essentielles.
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