Rapport Oxfam : les impacts variés de la seconde main
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Un rapport publié ce jeudi par Oxfam révèle que les circuits de la seconde main présentent des impacts écologiques et des objectifs divergents selon leur modèle économique. Cette étude démontre qu’entre le commerce solidaire, les friperies lucratives et les plateformes numériques, l’empreinte carbone peut varier considérablement pour un même volume de vêtements.
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Une disparité d’empreintes carbone selon le circuit
Le rapport publié ce jeudi par l’ONG Oxfam met en lumière une réalité nuancée derrière le concept global de la seconde main. Selon les modélisations du cabinet indépendant RDC Environnement, réalisées à la demande de l’organisation britannique, l’impact écologique d’un vêtement varie drastiquement selon son canal de redistribution. Pour un volume identique de cinq kilos de textiles injectés dans ces différents réseaux, l’empreinte carbone s’élève à seulement 0,6 kg de CO2 pour le circuit des boutiques solidaires. À l’inverse, ce chiffre grimpe à 2,9 kg de CO2 pour les friperies commerciales et atteint 3,1 kg de CO2 pour les plateformes numériques telles que Vinted. Cette différence s’explique par la nature même des modèles économiques : si le réseau solidaire privilégie un traitement local du tri et de la collecte, les acteurs commerciaux font souvent face à des coûts environnementaux accrus liés au transport international massif de marchandises.
Les dérives d’un modèle numérique intensif
L’analyse d’Eloïse Bazin, chargée de plaidoyer chez Oxfam France, souligne que les plateformes de revente entre particuliers tendent à multiplier les moyens de transport et les emballages en raison de l’envoi de multiples petits colis. Le rapport pointe également une contradiction majeure dans le fonctionnement de ces outils numériques : ils reposeraient moins sur la diminution réelle de la consommation que sur une intensification des échanges. Grâce à des dispositifs tels que les alertes, les favoris ou les recommandations personnalisées, ces systèmes reproduisent les mécanismes propres au e-commerce traditionnel, favorisant un renouvellement permanent de l’offre plutôt qu’une réduction durable du volume produit. Par ailleurs, la plateforme Vinted a apporté une précision en réponse à l’AFP, affirmant que l’achat sur son site permettrait d’économiser, en moyenne, 2,39 kg d’équivalent CO2 par article comparativement à un achat neuf.
Entre objectifs sociaux et logique de profit
Le rapport souligne un écart profond entre les missions des différents acteurs. Tandis que des structures comme Emmaüs, Le Relais ou la Croix-Rouge visent le réemploi tout en assurant l’insertion professionnelle de personnes vulnérables, le secteur lucratif se concentre sur la génération de bénéfices. Cette dynamique commerciale prend une place croissante, puisque six vêtements de seconde main sur dix sont désormais vendus sur ces marchés marchands. Les grandes enseignes de mode intègrent également ce marché en ouvrant des espaces dédiés et en offrant des bons d’achat contre des produits usagés ; pourtant, Cécile Duflot dénonce le fait que les clients achètent souvent davantage que la valeur du bon octroyé. Face à ces enjeux, la Fédération Ressources soutient la mise en œuvre actuelle en Belgique d’un système de responsabilité élargie des producteurs (REP). Ce dispositif, basé sur le principe pollueur-payeur, vise à obliger les géants comme H&M ou Zara à financer la fin de vie des textiles, tout en souhaitant que ces moyens soutiennent prioritairement les infrastructures de réemploi déjà existantes.
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