Territoire : Canada
Saab promet assemblage canadien et formation québécoise pour Gripen E
Tweet cet article
La production des chasseurs canadiens se ferait dans la ville de Halifax, tandis que l’instruction du personnel aurait lieu à Montréal. D’après plusieurs informateurs au courant de la situation, le dossier concernant l’achat de ces appareils pour les troupes aériennes du pays fait actuellement l’objet d’une attention soutenue.
Le constructeur aéronautique suédois Saab a récemment redoublé d’efforts diplomatiques et industriels pour convaincre Ottawa d’opter pour ses chasseurs Gripen E. Cette offensive s’inscrit dans un contexte de réévaluation des contrats militaires canadiens, initialement orientés vers la multinationale américaine Lockheed Martin pour l’acquisition de 88 exemplaires du F-35. Cependant, les tensions commerciales avec Washington ont poussé le gouvernement fédéral à reconsidérer ses options, ouvrant ainsi une fenêtre d’opportunité pour Stockholm.
Une chaîne de montage prévue en Nouvelle-Écosse
La stratégie de séduction de Saab repose sur l’engagement concret de transférer une partie significative de la production vers le territoire canadien. Le constructeur a validé que son allié situé en Nouvelle-Écosse, IMP Aerospace & Defence, dont le siège est à Halifax, mettrait en place la ligne de montage pour les Gripen E. Selon les plans annoncés cette semaine par Saab, l’assemblage des appareils destinés aux Forces armées canadiennes se déroulerait dans cette province atlantique.
Il est même envisagé que ces installations puissent servir à produire des appareils destinés à l’Ukraine, bien que le marché intérieur reste la priorité absolue du projet.
La formation des pilotes confiée au Québec
Au-delà de l’assemblage physique des machines, Saab propose un écosystème complet incluant la formation des équipages. Le constructeur suédois a indiqué que cette mission serait sous la gouverne de la firme montréalaise CAE. Cette répartition géographique des tâches industrielles vise à maximiser les retombées économiques pour différentes régions du pays.
Stephen Fuhr, secrétaire d’État à l’approvisionnement en matière de défense, a souligné l’importance de répartir le travail de manière réfléchie à travers le Nord, l’Ouest, l’Atlantique et les provinces centrales, afin que chaque région profite des nouveaux investissements militaires du gouvernement.
Un partenariat stratégique avec Magellan Aerospace
Le consortium de production ne se limite pas aux partenaires atlantiques et québécois. Saab a également confirmé un accord avec Magellan Aerospace, établi en Ontario, qui se spécialiserait dans la fabrication d’équipements de pointe pour les appareils. Cette approche modulaire permettrait au Canada de développer sa capacité industrielle en matière de chasseurs tout en réduisant sa dépendance envers les États-Unis. Malgré la résistance d’une partie de l’establishment militaire canadien face à ce projet de flotte mixte, le dossier bénéficie de plusieurs appuis au sein de l’appareil fédéral.
La ministre de l’Industrie du Canada, Mélanie Joly, prévoit d’ailleurs rendre visite aux industriels suédois pour discuter de l’évolution de l’ordre mondial et renforcer les liens commerciaux.
L’échec de la proposition à Bombardier
Il est intéressant de noter que le constructeur québécois Bombardier ne figure pas dans le partenariat actuel avec Saab, bien qu’il ait été initialement approché. En juillet dernier, La Presse avait révélé que Saab avait proposé de construire ses avions chez Bombardier à Montréal. Toutefois, Éric Martel, président et chef de la direction du spécialiste des jets privés, a rapidement fermé la porte à cette collaboration.
Il justifiait ce refus par une surcharge de travail liée à la demande croissante pour ses avions d’affaires, notamment le Global 6500 qui sert d’épine dorsale au modèle de surveillance GlobalEye fabriqué par Saab. Cette décision marque un tournant dans les négociations, orientant désormais l’ensemble du projet vers des partenaires établis en Nouvelle-Écosse et en Ontario.
À lire ensuite
Sources et traçabilité · 2 sources
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- Saab redouble d’efforts pour vendre ses chasseurs Gripen E au CanadaRadio-Canada · 29 octobre 2026
- L'opération séduction de Saab au Canada se préciselapresse.ca
Citer cet article
Envie de suivre K-Pulse ? Inscrivez-vous au lancement de la newsletter.



