Un déraillement violent aux abords de Renault Cléon

Le TER assurant la liaison Rouen-Caen a déraillé vers 19h45, vendredi 11 septembre, à la hauteur des communes de Cléon et Tourville-la-Rivière, en face des installations industrielles Renault. Selon les premiers témoignages recueillis par les médias locaux, les secousses ont débuté brutalement avant de s’amplifier en quelques secondes. Un passager de 24 ans, Louis, a décrit la scène à ICI Normandie : « D’un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c’est devenu de plus en plus fort. Je ne tenais plus sur mon siège […] Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon. » La violence de l’impact a provoqué des dégâts matériels immédiats, avec des vitres brisées et des éléments de voie projetés à l’intérieur des voitures. Les secours, déployés en urgence, ont dû composer avec un environnement complexe pour extraire les voyageurs et organiser les premiers soins.

Bilan humain et enquête en suspens

Le bilan provisoire établi en soirée par les autorités s’élève à 44 blessés, dont une seule victime en urgence absolue : une jeune femme de 18 ans, héliportée vers le CHU de Rouen. Les 43 autres passagers ont été hospitalisés en urgence relative. Le procureur de Rouen, Sébastien Gallois, a précisé que les dépistages d’alcool et de stupéfiants pratiqués sur le conducteur du train se sont révélés « tous négatifs ». Une source policière a indiqué à l’AFP que la piste d’un acte malveillant était « privilégiée », évoquant la découverte d’un morceau de rail sur la voie. Cependant, le parquet de Rouen n’a pas confirmé cette hypothèse samedi matin, se contentant d’annoncer que « l’enquête va être longue ». La police judiciaire de Rouen a été saisie pour déterminer les causes des blessures graves, tandis qu’une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place pour accompagner les rescapés.

Trafic ferroviaire interrompu et réparations en suspens

L’accident a provoqué des perturbations majeures sur le réseau normand. La circulation des trains entre Rouen et Elbeuf a été interrompue dans les deux sens jusqu’au jeudi 17 septembre en début de matinée, selon SNCF Connect. Un service de bus de substitution a été organisé entre Caen et Elbeuf pour limiter l’impact sur les voyageurs. À Paris, gare Saint-Lazare, quatre trains en provenance du Havre ainsi que de Rouen sont arrivés avec près de trois heures de retard, perturbant les correspondances. Ramzy Khalifa, voyageur dans le sens inverse, a témoigné : « On est parti à 18h50, on devait arriver à 20h11 mais le train n’est entré à quai à Rouen qu’après 23 heures. » Selon ICI Normandie, une réunion était prévue samedi matin pour arbitrer les opérations de relevage des rames accidentées, une étape indispensable avant toute réparation. Le groupe SNCF a exprimé « toute sa solidarité envers les voyageurs blessés et leurs proches » et rappelé qu’une enquête interne était ouverte « pour établir les circonstances exactes de cet accident, à laquelle la SNCF apportera tout son concours en toute transparence ».