Une implantation américaine plutôt qu’une importation

L’automobile figure parmi les sujets placés sur la table lors de la rencontre du 24 septembre 2026 entre Xi Jinping et Donald Trump à Washington. RFI rapporte que le président américain ne fermerait pas la porte à l’installation de constructeurs chinois aux États-Unis, à la condition que ceux-ci construisent localement et recrutent des salariés américains. Le projet évoqué concerne donc une présence industrielle sur le territoire, non l’arrivée de véhicules fabriqués à l’étranger.

Cette nuance dessine une règle de fonctionnement particulièrement claire : la Chine pourrait accéder au marché américain par l’investissement local, mais non par une simple exportation. Donald Trump exclut en revanche l’hypothèse de véhicules produits au Mexique puis expédiés vers les États-Unis, précise RFI. Le président américain renvoie, pour illustrer cette logique, aux constructeurs japonais Toyota, Honda et Nissan, déjà implantés dans des usines américaines avec une main-d’œuvre américaine.

Un accès encore verrouillé par les droits de douane

L’ouverture évoquée ne supprime aucune des barrières mentionnées dans le dossier. Les véhicules électriques chinois restent soumis à des droits de douane de 100 % appliqués par Washington, selon RFI. Les marques BYD et MG Motor demeurent ainsi presque absentes du marché américain. Le contraste est difficile à manquer : une implantation industrielle chinoise pourrait être envisagée, tandis que l’importation de véhicules électriques fabriqués en Chine reste frappée par une taxe très élevée.

Le prix du marché explique en partie l’intérêt potentiel d’une nouvelle concurrence. RFI évalue à environ 50 000 dollars le prix moyen d’une voiture vendue aux États-Unis. Des modèles chinois moins coûteux pourraient, en théorie, élargir l’offre proposée aux consommateurs américains. Le dossier n’établit toutefois ni baisse effective des prix ni arrivée prochaine d’un constructeur. Il décrit une possibilité politique, pas encore un dispositif appliqué.

Les constructeurs américains contestent l’arbitrage

La perspective inquiète une large partie de l’industrie automobile américaine. Selon RFI, six organisations représentant le secteur ont demandé formellement à Donald Trump de renoncer à une telle orientation. Elles redoutent qu’un concurrent chinois très puissant ne bénéficie d’un avantage difficile à combattre, alors que les constructeurs américains ont déjà engagé des dizaines de milliards de dollars dans leurs activités.

Cette inquiétude s’appuie sur les capacités industrielles attribuées aux groupes chinois dans le dossier. BYD est cité pour ses véhicules proposés à des prix compétitifs, tandis que la Chine occupe une place importante dans la chaîne de production des batteries. RFI présente cette maîtrise industrielle comme un avantage acquis face à plusieurs constructeurs occidentaux historiques. La question dépasse d’ailleurs le seul marché américain, puisqu’elle se pose également en Europe, sans que le dossier précise les réponses retenues sur ce continent.

Une ouverture dont la portée reste à établir

L’arbitrage décrit par RFI oppose deux orientations de la politique américaine. Donald Trump veut attirer des investissements étrangers et favoriser la création d’emplois aux États-Unis ; dans le même temps, il considère la Chine comme un concurrent stratégique et cherche à limiter son influence dans les secteurs sensibles. L’ouverture aux constructeurs chinois ne constitue donc pas, dans le dossier, un abandon général de la confrontation commerciale. Elle ressemble plutôt à une possibilité conditionnelle : produire sur le sol américain, employer des salariés américains et ne pas utiliser le Mexique comme base d’exportation.

La rencontre avec Xi Jinping doit surtout permettre de déterminer la portée de cette position. RFI laisse ouvertes deux lectures : une piste de négociation concrète ou une déclaration destinée à peser sur des discussions plus larges entre Washington et Pékin. Rien, dans le dossier, ne fait état d’une usine chinoise annoncée aux États-Unis, d’un calendrier d’installation, d’un accord signé ou d’une décision adoptée. Pour l’heure, le fait établi est plus limité : Donald Trump a exprimé une ouverture conditionnelle, tandis que l’industrie automobile américaine lui demande de maintenir la porte fermée.