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Vaud : après des mois de harcèlement, Thomas, 12 ans, hospitalisé
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Dans le canton de Vaud, Thomas, 12 ans, a été hospitalisé après des mois de harcèlement, et le dispositif cantonal de prévention se retrouve une nouvelle fois interrogé. Selon la RTS, l’écolier a développé des pensées suicidaires avant d’être admis au CHUV, puis dans un service destiné aux enfants et aux adolescents. Son témoignage, diffusé jeudi dans le 19h30, décrit des violences verbales et physiques répétées, infligées par plusieurs camarades de sa classe. Une soixantaine de députés vaudois demandent, par une motion déposée en mars au Grand Conseil, une base légale qui harmoniserait les réponses d’un établissement à l’autre. Ce dossier dit aussi ce qui manque encore : aucun texte commun ne fixe aujourd’hui la manière dont une école doit réagir.
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Le pied tendu, le coude, puis l’insulte
L’enseignante que la famille avait alertée a consacré plusieurs semaines à tenter d’éteindre l’incendie. Trop tard : le psychisme de l’enfant avait déjà cédé. Pendant des mois, dans une école vaudoise, Thomas a été la cible quotidienne de plusieurs camarades. Le répertoire est celui, connu, des cours de récréation : le pied tendu au passage, le coup de coude dans le ventre, le poing, et l’insulte en accompagnement. L’élève cite les mots qu’il entendait : « Tu ne sers à rien, t’es un gros connard ». Rien de spectaculaire, tout de répétitif — et c’est la répétition qui use.
Valérie, sa mère, se souvient du moment où la menace est devenue explicite. Son fils lui a parlé de l’autoroute proche de l’école et de la barrière qu’il craignait d’enjamber. La famille a alors vécu une semaine en état de veille, sans le quitter, parce qu’il le demandait : « Ne me laissez pas seul ». L’impuissance, elle la résume d’une phrase : « Nous étions démunis, nous ne savions plus quoi faire ». Conduit par ses parents aux urgences, Thomas a été hospitalisé au CHUV, avant d’être admis dans un service réservé aux enfants et aux adolescents. Un cas jugé rare.
Des outils nouveaux testés dès cet automne
Le canton de Vaud n’est pas resté inactif sur le papier. La lutte contre les violences entre élèves y figure parmi les priorités affichées depuis 2018, et un ensemble de mesures contre l’intimidation existe depuis 2015. Deux axes : sensibiliser au sein des établissements, et former les professionnels à la méthode dite de la préoccupation partagée, qui associe les élèves impliqués et les témoins afin de faire cesser les faits. Pour 2026, l’administration annonce une couche supplémentaire — supports pédagogiques nouveaux, ateliers, vidéos — dont l’expérimentation doit commencer dès cet automne. Raphaël Gerber, directeur général adjoint de la Direction de psychologie, psychomotricité et logopédie en milieu scolaire, en attend une lecture plus fine des situations, une capacité accrue à les aborder et à réagir.
Une motion déposée en mars au Grand Conseil
C’est insuffisant, estiment une soixantaine de députés vaudois. En mars, ils ont déposé une motion au Grand Conseil pour que le Conseil d’État se dote d’une base légale. Objectif : mettre fin aux divergences de traitement entre établissements, commencer la prévention plus tôt, et pouvoir sanctionner les auteurs. Le député socialiste Sébastien Cala résume le problème d’une formule : la réponse reste « dépendante des personnes présentes ». Un cadre légal attribuant responsabilités et compétences rendrait selon lui une uniformisation possible et améliorerait la réaction des écoles. Si le Grand Conseil l’accepte, ce socle juridique serait inédit en Suisse.
Ce que le dossier ne tranche pas
Thomas, lui, regarde ailleurs. Il confie que ses anciens harceleurs s’en prennent à présent à un autre élève : « Maintenant, ils sont en train de s’en prendre à quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui n’a pourtant rien demandé. » Les ateliers testés cet automne et la base légale en discussion suffiront-ils aux enfants qui, aujourd’hui, subissent sans rien dire ? Rien ne le garantit. Le dossier établit seulement qu’un garçon de 12 ans a retrouvé le chemin de l’école, et que d’autres attendent qu’on les croie.
Sources et traçabilité · 6 sources
Information recoupée auprès de 6 rédactions distinctes.
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