3 000 docteurs juniors déployés dès lundi pour les déserts médicaux
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Depuis ce lundi 2 novembre, une nouvelle figure médicale fait son apparition dans les centres de santé et les maisons de santé pluriprofessionnelles : le docteur junior. Ces internes en quatrième année d’internat de médecine générale sont déployés pour réaliser leur formation pratique sur le terrain, avec un ciblage prioritaire vers les territoires souffrant d’un manque cruel de médecins généralistes. Ils exercent une grande autonomie dans la gestion des consultations et la prescription, tout en restant sous la responsabilité d’un maître de stage agréé.
Une réforme pour combler les vides territoriaux
La mesure s’inscrit dans le cadre d’une promesse politique visant à renforcer l’offre médicale sur l’ensemble du territoire national. Environ trois mille docteurs juniors sont affectés, avec une concentration marquée dans les zones d’intervention prioritaire et les quartiers de la politique de la ville. Selon les données recueillies, près de quatre-vingts pour cent de ces jeunes médecins ont été répartis dans des régions où l’accès aux soins est particulièrement difficile.
Cette initiative marque le début de la première promotion concernée par cette quatrième année d’internat, instaurée par une réforme de financement de la Sécurité sociale datant de 2023.
L’objectif affiché est double : faciliter l’accès aux rendez-vous pour les patients et permettre un suivi continu des maladies chroniques. Pour y parvenir, ces praticiens mènent leurs consultations en toute autonomie, signent leurs propres ordonnances et utilisent une carte professionnelle distincte. Cependant, cette indépendance fonctionnelle s’exerce sous le régime de l’autonomie supervisée. Un médecin installé, désigné maître de stage par l’université, garde la responsabilité hiérarchique et doit pouvoir intervenir à tout moment si nécessaire.
Le fonctionnement d’une année en deux temps
L’organisation de cette dernière année d’études repose sur une structure rigoureuse mais flexible. L’année se compose de deux stages de six mois, qui peuvent être réalisés dans le même cabinet ou changer de lieu selon les besoins des patients. Les docteurs juniors suivent ainsi les mêmes malades chroniques d’un bout à l’autre de leur formation, assurant une continuité des soins souvent absente ailleurs. Une journée sur deux demi-journées hebdomadaires est dédiée aux études universitaires ou au travail individuel, les autres temps étant réservés aux patients.
La présence d’un maître de stage ne signifie pas qu’il doit être physiquement présent dans la pièce voisine. L’encadrant n’a pas besoin d’être dans la même pièce que le jeune médecin, pourvu qu’il puisse intervenir rapidement lors d’une urgence ou d’un cas particulier. Cette organisation permet une répartition géographique plus large et une meilleure adaptation aux réalités locales des centres de santé.
Une rémunération au cœur du débat
La question financière reste centrale pour comprendre les enjeux de ce dispositif. La rémunération de base est fixée à 2 375 euros bruts mensuels, auxquels s’ajoutent une prime annuelle de 5 000 euros et le paiement des gardes. Pour ceux qui exercent dans une zone tendue, une prime mensuelle supplémentaire de 1 000 euros est versée. De plus, un complément de 500 euros bruts par semestre est accordé si le praticien dépasse en moyenne 200 actes par mois.
Malgré ces avantages, la rémunération totale reste inférieure à celle d’un médecin installé, qui touche généralement entre 7 000 et 8 000 euros mensuels. Pour le patient, la consultation coûte 30 euros, avec un tiers payant sur la part de l’Assurance maladie, soit environ 9 euros à avancer. Ce montant est identique à celui d’un généraliste secteur 1. La DREES projette une hausse du nombre de médecins actifs et d’étudiants d’ici 2040, mais la question de la transformation de ces renforts temporaires en installations durables demeure ouverte.
La répartition géographique montre des disparités notables. En Île-de-France, 93 % des docteurs juniors exercent en zone sous-dotée, avec une concentration importante à Paris et dans l’Essonne. La Normandie accueille environ 50 % de docteurs juniors par habitant de plus que la région parisienne. D’autres régions comme les Hauts-de-France, la Bretagne ou l’Occitanie bénéficient également de cette affectation, bien que les chiffres varient selon la densité de population et le nombre de maîtres de stage disponibles.
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Sources et traçabilité · 4 sources
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- "Des délais un peu moins longs" : qui sont ces "docteurs juniors" déployés dès lundi pour lutter contre les déserts médicaux ?Franceinfo · 2 novembre 2026
- centreclea.frcentreclea.fr
- orange.fractu.orange.fr
- lemoniteurdespharmacies.frlemoniteurdespharmacies.fr
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