« Adieu ma Russie » : un historien à la recherche de son père et d’un pays tant aimé
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Dans un ouvrage publié en septembre 2026, Nicolas Werth publie « Adieu ma Russie : mémoires orphelines », un récit intime où il confronte le suicide de son père Alexander en mars 1969 au choc provoqué par l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Spécialiste de l’URSS et président de Mémorial France, l’historien décrit ce livre comme un testament après avoir consacré plus de vingt ans à la Russie soviétique.
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Nicolas Werth, historien spécialiste de l’Union soviétique et président de la branche française de l’association Mémorial, publie en septembre 2026 un ouvrage personnel intitulé « Adieu ma Russie : mémoires orphelines ». Cette publication marque le point final d’une réflexion qui s’est cristallisée après les événements de février 2022. L’auteur y confronte son propre parcours intellectuel et émotionnel à celui de son père, Alexander Werth, également historien de renom. Ce récit tisse une histoire familiale intimement liée aux destins de deux régimes successifs : l’URSS puis la Russie contemporaine.
Le livre s’ouvre sur un drame familial qui a marqué l’enfance du fils. En mars 1969, alors que les troupes du Pacte de Varsovie écrasaient le Printemps de Prague, Alexander Werth met fin à ses jours. Ce suicide intervient quelques mois seulement après la date précise du 21 août 1968, où les chars soviétiques entrèrent à Prague, événement qui brisa les espoirs de « socialisme à visage humain » que nourrissait le père. Nicolas Werth relate avoir découvert ce drame en rentrant du lycée et en voyant le tracé d’un corps à la craie dans une cour d’école. Ce choc initial a longtemps pesé sur son existence, alors qu’il ne connaissait presque rien de l’homme qui lui avait donné le jour.
Parallèlement à ce drame intime, l’ouvrage propose un bilan intellectuel
Parallèlement à ce drame intime, l’ouvrage propose un bilan intellectuel dense des publications de Nicolas Werth. Il s’appuie sur une quarantaine d’années passées au sein de la Russie soviétique et post-soviétique. De ses études à Léningrad à son passage à Minsk, en passant par Moscou durant la Perestroïka, l’historien a dédié sa vie à la compréhension de ce pays. Il y a vécu plus de vingt ans, étudiant, enseignant et attaché culturel avant de devenir chercheur au CNRS dès 1989. Cette immersion prolongée lui a permis d’accéder aux archives soviétiques lors de leur ouverture dans les années 1990, période qu’il juge « la plus intéressante » pour étudier le déclin du système.
La publication de ce testament intellectuel coïncide avec une rupture définitive avec l’attachement que portait Werth à cette nation. L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a été le déclic fatal. En juin 2023, confronté au choc de cet événement non anticipé, l’historien s’est senti tenté de reproduire le geste de son père. Il décrit cette période comme un livre-therapie autant qu’un testament. Nicolas Werth annonce désormais ne plus jamais retourner en Russie, estimant que la mise en cause du travail scientifique de Mémorial par le Kremlin et l’agression contre l’Ukraine lui sont insupportables.
Le texte explore également les contradictions de l’engagement intellectuel face à la réalité politique. Si son père voyait dans le régime stalinien un rempart contre le nazisme en 1941, Nicolas Werth a dû apprendre à distinguer l’amour pour le peuple et les personnalités russes qu’il a côtoyés des desseins impérialistes de l’État. Il dénonce la falsification du passé opérée par le nouveau maître du Kremlin, Vladimir Poutine, qui s’est octroyé le rôle d’historien national alors que l’ONG Mémorial a été dissoute et ses archives refermées. Ce livre raconte ainsi deux vies nouées à une même tragédie historique, montrant comment les historiens écrivent non seulement l’Histoire mais aussi la part d’eux-mêmes qu’elle a dévorée.
Sources et traçabilité · 6 sources
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
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- Adieu ma Russie - Les Belles Lettreslesbelleslettres.com
- L'Adieu à la Russie. Histoire d'un aveuglement | France Cultureradiofrance.fr
- Adieu ma Russie - Nicolas Werth | Les Éditeurs Réunisediteurs-reunis.fr
- Adieu ma Russie ! - Nicolas Werth (Les Belles Lettres 2026. 398 pages ...histoireetliberte.fr
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