Une course stratégique entre deux modèles industriels

La situation s’est précisée ce mercredi avec la remise officielle des propositions finales par les deux candidats principaux. Air France-KLM et Lufthansa ont ainsi présenté leurs offres pour l’acquisition d’une participation allant jusqu’à 49,9 % du capital de TAP Air Portugal. Cette tranche comprend spécifiquement 44,9 % acquis directement par le partenaire stratégique choisi, tandis que 5 % des actions sont réservées aux salariés du groupe. L’État portugais conservera donc au minimum 50,1 % du capital après cette première transaction, garantissant un contrôle majoritaire initial. Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM, a affirmé que son intérêt pour TAP était plus fort que jamais, soulignant qu’une offre révisée avait été conçue pour mieux positionner la compagnie portugaise sur le marché mondial. De son côté, Lufthansa a défendu sa candidature en mettant en avant son historique de développement réussi de compagnies aériennes de réseau et sa capacité à renforcer la compétitivité de TAP.

Des critères au-delà du simple prix financier

Le gouvernement portugais ne cherche pas simplement un investisseur capable d’apporter des fonds, mais un partenaire industriel apte à accompagner le redressement durable de l’entreprise. La holding Parpública, qui gère les participations de l’État, a indiqué qu’elle rédigerait un rapport descriptif pour déterminer le mérite final absolu des candidats. Les critères d’évaluation sont multiples et dépassent largement la valorisation financière pure. L’investissement prévu, le développement de la flotte ainsi que les engagements concernant l’emploi et la maintenance au Portugal seront scrutés avec attention. Les autorités portugaises souhaitent également préserver le rôle du hub de Lisbonne et maintenir les liaisons stratégiques vers le Brésil, l’Afrique lusophone et l’Amérique du Nord.

Une décision attendue avant la fin de l’année

La procédure prévoit des discussions facultatives visant à perfectionner les propositions avant la sélection finale. Miguel Pinto Luz, responsable des Infrastructures et du Logement, a indiqué que le gouvernement disposerait de 15 jours après la présentation des offres finales pour se prononcer sur le processus. Cependant, l’échéance globale est fixée au 31 décembre 2026. Cette date marque la fin du processus de privatisation partielle tel qu’envisagé actuellement. La décision nécessitera encore plusieurs étapes formelles, dont l’approbation en Conseil des ministres portugais et le feu vert des autorités européennes de la concurrence. Les deux groupes européens ont donc quelques semaines pour convaincre Lisbonne qu’ils sont les meilleurs candidats pour TAP, dans un contexte où la compagnie accuse près de 100 millions d’euros de pertes au premier semestre.