Une contrainte budgétaire structurelle pour l’année 2027

Le projet de loi de finances relatif à l’exercice 2027, qui sera officiellement déposé à l’Assemblée nationale à partir du 13 octobre, contient une disposition majeure pour le secteur public. Le budget global de l’audiovisuel public est recalibré, passant d’un montant de 3,86 milliards d’euros à 3,82 milliards d’euros. Cette réduction globale s’accompagne d’une baisse spécifique et ciblée pour France Télévisions. La dirigeante du groupe, Delphine Ernotte Cunci, a indiqué que la baisse des dotations pour l’année à venir n’est pas de 90 millions d’euros comme certains syndicats le craignaient initialement, mais bien de 47 millions d’euros. Ce montant s’ajoute cependant à une situation déjà tendue, car en 2026, la baisse des dotations avait déjà atteint 80 millions d’euros sur un budget total de 2,37 milliards. La somme cumulée des restrictions financières pour les deux dernières années conduit le groupe à engager un plan d’économie global de 150 millions d’euros.

Un traitement inégalitaire au sein du service public

La situation financière de France Télévisions contraste nettement avec celle de ses homologues publics. Alors que la chaîne subit une réduction significative, les dotations allouées à Arte et à TV5 Monde restent identiques à celles de l’année précédente. De plus, France Médias Monde enregistre même une légère augmentation de sa dotation, s’élevant à 3,1 millions d’euros sur un budget total de 306 millions. Radio France, qui gère les radios publiques comme France Inter ou France Info, subit également une perte de 2,44 millions d’euros sur un budget de 645,6 millions d’euros. L’Institut national de l’audiovisuel (INA) n’est pas épargné par cette logique de compression, sa dotation de 103,4 millions d’euros en 2026 étant réduite de 537 826 euros. Ces disparités soulignent une répartition des efforts qui laisse France Télévisions porter le plus lourd tribut des ajustements budgétaires.

Conséquences opérationnelles sur la création et le sport

Face à ces contraintes, la direction a été contrainte d’envisager des coupes drastiques dans tous les domaines de son activité. Les financements destinés à la fiction ou au cinéma sont directement menacés. Delphine Ernotte Cunci tire la sonnette d’alarme sur la sauvegarde du modèle culturel français, craignant que les plateformes étrangères ne consentissent bientôt les plus gros investissements dans la création nationale. Une autre partie des économies provient du repli des ressources publicitaires, estimé à 20 millions d’euros, car les annonceurs paient moins aujourd’hui face à la concurrence des médias numériques. Le sport, secteur traditionnellement fort de la chaîne, devrait également pâtir de ces restrictions. La diffusion de la Coupe de France de football pourrait être remise en question, le groupe ayant proposé de diviser par deux le contrat avec L’Equipe, passant d’un budget annuel de 8 millions d’euros à 4 millions. L’enveloppe dédiée aux programmes originaux devrait également chuter, passant de 440 millions d’euros à 380 millions d’euros en 2027.