Une contraction généralisée mais inégale selon les territoires

La tendance à la baisse touche l’ensemble du réseau, bien que les disparités régionales soient marquées. Selon le rapport publié mercredi par l’Institut de la statistique du Québec, cette diminution de 5 % est le résultat d’une contraction dans plusieurs régions administratives majeures. La Mauricie a été la plus affectée, avec une chute de 34 % de sa fréquentation. La Montérégie et Lanaudière ont également souffert de ce phénomène, enregistrant respectivement des baisses de 29 % et de 23 %. Le Bas-Saint-Laurent n’a pas échappé à la règle, affichant une baisse de 20 %.

À l’inverse, certaines régions ont réussi à maintenir ou augmenter leur attractivité. La Côte-Nord et le Nord-du-Québec se distinguent par une croissance de 27 %. Les Laurentides ont connu une hausse de 25 %, tandis que la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine a vu ses entrées augmenter de 20 %. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean a également profité d’une dynamique positive avec une progression de 17 %.

Les catégories touchées et la résilience des sciences

La baisse ne concerne pas toutes les institutions de manière identique. Les lieux d’interprétation en sciences ont été particulièrement pénalisés, enregistrant un recul de 23 %. De même, les musées dédiés à l’histoire, l’ethnologie et l’archéologie ont vu leur fréquentation diminuer de 11 %. Les centres d’exposition et les musées d’art ont également souffert d’une baisse de 7 %.

Cependant, une catégorie résiste mieux aux vents contraires. La fréquentation des musées de sciences est restée stable à 3,9 millions d’entrées. Cette catégorie demeure la plus populaire auprès du public québécois, représentant toujours 33 % de l’ensemble des visites toutes institutions confondues. Par ailleurs, les lieux d’interprétation en histoire, ethnologie et archéologie ont paradoxalement connu une hausse de 4 %, profitant peut-être d’une dynamique locale spécifique.

La concentration montréalaise et le contexte économique

Malgré la baisse globale, la région administrative de Montréal conserve sa position dominante. Environ 51 % des entrées du réseau muséal y ont été enregistrées en 2025. Ce résultat est comparable à celui de l’année précédente où la part était de 50 %, malgré une baisse locale de 2 % qui a ramené le total montréalais à 6,0 millions de visiteurs.

Le contexte économique joue également un rôle dans ces fluctuations. Le coût de la vie élevé pourrait expliquer en partie cette réticence des citoyens à se rendre dans les institutions culturelles. De plus, certains établissements comme la Cité de l’énergie de Shawinigan ont vu leur fréquentation chuter d’un tiers, attribuant cela au beau temps de l’été 2025 qui a moins propice aux sorties culturelles en intérieur.

Les chiffres restent en deçà du niveau prépandémique. Entre 2015 et 2019, la moyenne des entrées était de 13,8 millions. Il faut remonter à 2017 pour retrouver un pic similaire avec plus de 15 millions de visiteurs. La reprise post-pandémie semble donc avoir atteint son plafond de verre.