Une contraction légère après un pic estival

Le produit intérieur brut réel du Québec a diminué de 0,1 % en juillet 2026 par rapport au mois précédent. Ce recul suit immédiatement une hausse révisée à 0,5 % enregistrée en juin, qui avait porté l’indicateur à un nouveau sommet légèrement supérieur au pic atteint en janvier 2025. Selon les données diffusées par l’Institut de la statistique du Québec, cette dynamique volatile illustre la fragilité de la croissance récente.

La publication précise que ce léger recul doit être relativisé dans le contexte d’une économie qui avance lentement et qui fait preuve d’une certaine résilience face aux tensions commerciales persistantes.

Pourtant, la hausse sur sept mois du Québec compense la baisse de juillet pour confirmer le bilan annuel positif.

Il convient cependant de noter que cette baisse mensuelle ne remet pas en cause l’ensemble du bilan annuel, bien qu’elle marque une rupture avec la tendance haussière observée au printemps. Le chiffre du mois précédent s’élevait à un record, dépassant celui enregistré au début de l’année 2025. Au cours du mois dernier, le secteur manufacturier et le bâtiment ont maintenu leur dynamique ascendante, alors que les services, et plus spécifiquement la vente en gros, ont connu un ralentissement.

Les moteurs de la production et les freins des services

La composition de l’activité révèle une divergence marquée entre les secteurs productifs et les services. Les industries manufacturières et extractives ont enregistré une progression de 0,4 % en juillet, tirées par la construction (+0,5 %), la fabrication (+0,5 %), l’extraction minière, pétrolière et gazière (+2,8 %). L’augmentation dans le secteur manufacturier est notamment attribuable à la fabrication de produits informatiques et électroniques (+5,4 %), de plastique et caoutchouc (+4,5 %) ainsi que de produits chimiques (+2,2 %).

Par opposition, le secteur des services a vu sa production reculer de 0,3 % durant ce mois. Cette baisse est principalement imputable au commerce de gros (-3,5 %), suivi par les administrations publiques (-0,6 %) et le commerce de détail (-0,8 %). Seuls les services d’hébergement et de restauration ont enregistré une hausse notable de 2,2 %, tirés par la demande touristique intérieure. Cette bipolarisation des résultats souligne la vulnérabilité spécifique du secteur tertiaire face aux ajustements de la consommation collective.

Un cumul annuel positif mais masquant des faiblesses structurelles

Sur l’année en cours, le bilan reste globalement positif mais cache des déséquilibres profonds. Sur les sept premiers mois de l’année 2026, le produit intérieur brut réel du Québec affiche une avance de 0,3 % par rapport à la même période en 2025. Les principaux secteurs ayant contribué à cette hausse sont les services immobiliers et de location (+1,9 %), la finance et les assurances (+3,3 %) ainsi que le transport et l’entreposage (+2,5 %).

En contrepartie, les administrations publiques (-1,0 %) et le secteur manufacturier (-1,9 %) ont freiné l’évolution du PIB réel. Cette croissance cumulative de 0,3 % contraste avec celle observée au Canada, qui s’élève à 1,1 % pour la même période selon Statistique Canada. Les économistes soulignent que cette performance masque notamment une industrie de la fabrication toujours en retrait et une baisse des dépenses publiques, conséquence des efforts de consolidation budgétaire visant un retour à l’équilibre d’ici 2028-2029.