Le 18 septembre 2026, l’Institut de la statistique du Québec a rendu publique sa dernière analyse sur le commerce international de marchandises pour le mois de juillet. Les données désaisonnalisées et converties en dollars constants révèlent une dynamique contrastée pour l’économie provinciale : les exportations ont connu une progression notable tandis que les importations maintenaient leur tendance à la hausse.

Les chiffres publiés indiquent que les ventes vers l’international se sont élevées à 7,2 % de plus qu’en juin 2026. Cette amélioration intervient alors que le mois précédent affichait une régression de 4,0 %. Ce rebond significatif s’explique principalement par la performance exceptionnelle de certains secteurs industriels stratégiques pour la région. Les aéronefs constituent le moteur principal de cette croissance, avec une augmentation vertigineuse de 156,1 % sur le mois. À eux seuls, ce secteur ainsi que les pièces détachées associées et le matériel aérospatial ont tiré la moyenne vers le haut.

Une structure commerciale tiraillée par les secteurs de l’aérospatiale et des métaux

Au-delà de l’industrie aéronautique, d’autres produits ont contribué à ce gain mensuel. L’aluminium brut, ses alliages et les minerais de fer ont enregistré une hausse respective de 16,7 % et 16,4 %. Cette diversification des produits exportés montre la résilience de l’industrie lourde québécoise. En revanche, la composition du panier de vente a subi des pertes importantes dans d’autres domaines. Les minerais de nickel ont vu leurs exportations s’effondrer de 99,0 %, tandis que ceux de cuivre ont baissé de près de 98,7 %. Le secteur pétrolier n’a pas été épargné, le mazout lourd ayant perdu 28,1 % de son volume commercialisé.

Sur la période cumulée des sept premiers mois de l’année, la tendance à long terme reste toutefois négative pour les exportations globales du Québec, qui ont fléchi de 4,2 % comparativement aux mêmes mois de 2025. Cette baisse structurelle contraste avec la performance des seuls exportations vers les marchés autres que ceux des États-Unis, qui ont progressé de 15,0 %. Paradoxalement, le commerce bilatéral avec le plus grand partenaire commercial du Québec a reculé de 6,3 % en valeur courante.

La consommation intérieure et l’effet des nouvelles barrières douanières

Du côté des importations, la situation s’est inversée par rapport aux exportations. Les achats internationaux ont augmenté de 5,5 % en juillet 2026, alors que juin avait connu un repli de 9,8 %. Cette hausse massive est imputable à l’importation de matières premières et de produits semi-ouvrés non ferreux, dont la valeur a bondi de plus de 600 %. Plus spécifiquement, les minerais de plomb et de zinc ont connu une explosion de leur volume importé, atteignant une hausse de 611,9 %.

Cependant, le marché des biens de consommation technologique et automobile n’a pas suivi cette trajectoire ascendante. Les ordinateurs et leurs périphériques ont vu leurs importations diminuer de 21,2 %. Le secteur automobile électrique a également été touché par une baisse de 16,9 %, ainsi que les batteries et chargeurs dont l’importation a chuté de 65,3 %. Ces données s’inscrivent dans un contexte où la réception des statistiques est elle-même entachée d’incertitudes. En effet, le déploiement du système de Gestion des cotisations et des recettes (GCRA) par l’Agence des services frontaliers du Canada a introduit des retards dans la collecte des données.

Les limites des données disponibles

Il est impératif de noter que les chiffres relatifs aux importations, bien que publiés, doivent être traités avec prudence. La mise en place récente du nouveau système douanier canadien affecte la qualité et l’exhaustivité des relevés pour les mois récents. Les informations fournies demeurent donc partielles et sont susceptibles d’être révisées lors de futures publications par Statistique Canada. Pour l’instant, le tableau complet du commerce international montre une économie québécoise en train de se restructurer, tirée vers le haut par l’aérospatiale mais freinée par la chute des minerais traditionnels et des produits technologiques.