Une grève nocturne aux répercussions diurnes immédiates

Dès 22 heures le mercredi 16 septembre 2026, les contrôleurs aériens de Skeyes ont entamé une grève de 24 nuits consécutives, jusqu’au 10 octobre. Selon les sources disponibles, cette action a débuté sans heurts majeurs, mais ses effets se sont fait sentir dès le lendemain matin. L’aéroport de Charleroi, présenté comme un site principalement diurne, a enregistré des perturbations dès la nuit précédente : tous les vols programmés entre 22 heures et 8 heures ont été annulés, et huit liaisons matinales ont été supprimées dès 6h20. Nicolas Charluteau, directeur des opérations de l’aéroport, explique que « certains avions doivent effectuer des rotations. Ils n’ont pas le temps de repartir et revenir avant la coupure de 22 heures ». Cette contrainte opérationnelle, liée à l’impossibilité pour certains appareils de regagner Charleroi en fin de nuit, a mécaniquement entraîné l’annulation de 40 vols sur l’ensemble de la journée du 17 septembre, selon les données de l’aéroport.

Un conflit salarial cristallisé sur la prime de nuit

Le différend oppose les syndicats des contrôleurs aériens à Skeyes, l’entreprise publique belge chargée du contrôle du trafic aérien. Les revendications portent sur la prime de nuit, que les contrôleurs de Charleroi estiment devoir être alignée sur celle de leurs collègues de Liège, où le trafic nocturne est bien plus important. Pourtant, la direction de Skeyes conteste cette comparaison, arguant que Charleroi est majoritairement un aéroport de jour. Cinq réunions de négociation se sont tenues depuis fin juillet, sans aboutir à un compromis. Les syndicats rétorquent que des mouvements d’avions en dehors des horaires diurnes existent bel et bien à Charleroi, notamment en raison d’accords commerciaux avec des compagnies comme Ryanair. D’après la direction, ces contrôleurs aériens réclament une revalorisation de la prime de nuit afin de la porter à 160 % de son niveau actuel, une revendication que Skeyes juge incompatible avec la fermeture nocturne officielle de l’aéroport.

Passagers et compagnies sous le joug des annulations

Pour les voyageurs, la grève impose une vigilance constante. Les compagnies aériennes sont tenues d’informer leurs clients des annulations et de proposer des solutions : soit un vol alternatif dans les meilleurs délais, soit un remboursement sous sept jours. En cas de vol alternatif, l’assistance (hébergement, repas) est à la charge de la compagnie si le passager doit attendre un nouveau départ. Julie Frère, porte-parole de Test-Achats, précise que « si vous devez loger sur place, la compagnie doit prendre en charge les nuits et les repas. Conservez toutes les preuves pour exiger un remboursement ». L’aéroport de Charleroi, de son côté, s’engage à diffuser les annulations via tous ses canaux, mais la situation reste hautement volatile. Selon les projections, jusqu’à 150 000 passagers pourraient être affectés si le conflit persiste jusqu’au 10 octobre, avec un risque de 832 mouvements aériens annulés. Une incertitude que les voyageurs doivent anticiper, d’autant que les perturbations pourraient s’étendre au-delà des horaires de grève, en raison des rotations bloquées.