Un pari sur la reconversion professionnelle

La ministre des Outre-mer a annoncé que ce rendez-vous devait réunir différents acteurs économiques pour développer les territoires ultramarins. L’objectif affiché est clair : promouvoir des emplois locaux afin de combler le fossé entre les talents disponibles et les besoins réels des entreprises. La formule empruntée à l’Hexagone, baptisée « Choose France », est ici adaptée pour séduire les investisseurs et les travailleurs qualifiés qui ont quitté leurs terres natales. Au programme de cette journée inaugurale figurent des rencontres directes entre entreprises, investisseurs et décideurs publics, ainsi qu’un dispositif inédit de « job dating » organisé conjointement par France Travail et l’APEC.

Des chiffres qui témoignent d’une dynamique réelle

Loin d’être une simple opération de communication, cet événement s’appuie sur des données économiques tangibles. À La Réunion, par exemple, en 2025, le taux de retour à l’emploi a dépassé les 80 %, tandis que les entrées en préparation opérationnelle à l’emploi ont connu une hausse de 90 % à La Réunion. %. En Guadeloupe, la progression est également notable : les entrées en formation ont augmenté de 18 % au cours de l’année écoulée, permettant à 43 % des bénéficiaires d’être en emploi six mois après leur insertion. Ces résultats démontrent que le tissu économique ultramarin n’est pas une économie en retrait, mais un espace dynamique où les entreprises recrutent majoritairement sur des postes cadres à responsabilité dans des secteurs en pleine transformation comme la distribution, l’automobile ou le digital.

Une stratégie de long terme pour les territoires

La ministre Naïma Moutchou a explicitement déclaré que la meilleure politique sociale reste la création de richesses, estimant que l’économie a été « délaissée » dans ces territoires pendant des décennies. Elle ne promet toutefois pas de miracle immédiat, mais plutôt une succession de mesures concrètes et progressives qu’elle qualifie de « petits matins ». La feuille de route inclut la réduction des délais de paiement qui asphyxient la trésorerie des petites entreprises et l’examen d’un projet de loi contre la vie chère dès janvier 2026. Derrière ce sommet se cache également une volonté de préserver la LODEOM, loi de 2009 allégeant les cotisations patronales pour compenser les surcoûts liés à l’éloignement. Si le chômage reste élevé chez les jeunes et les femmes, cet événement marque un tournant dans la manière d’aborder l’emploi outre-mer : il ne s’agit plus seulement de maintenir les populations en place, mais de leur offrir des opportunités de mobilité professionnelle qui valorisent leurs compétences tout en ancrant le développement économique local.