La diplomatie québécoise et fédérale traverse une phase de réconciliation diplomatique, mais les conditions de ce rapprochement restent strictement encadrées par la souveraineté provinciale. Dans sa longue publication sur ses réseaux sociaux, le premier ministre du Québec a affirmé avoir « bien entendu l’invitation de Mark Carney pour une rencontre ». Cette acceptation marque un tournant après une semaine marquée par des tensions croissantes entre les deux capitales politiques canadiennes. Paul St-Pierre Plamondon remercie son homologue fédéral « pour son changement de ton », soulignant ainsi la volonté de rétablir le dialogue interrompu par l’exclusion du Québec lors du sommet Canada-Union européenne tenu à Montréal fin octobre.

Le respect des lois comme condition sine qua non

Malgré cette ouverture, une divergence fondamentale persiste concernant le lieu de la rencontre. Paul St-Pierre Plamondon a écrit : « Sans surprise, je demande simplement que cette rencontre soit faite dans le respect des lois du Québec, notamment la loi sur la Commission de la capitale nationale ». Cette exigence juridique est centrale pour le gouvernement québécois qui considère que les rencontres de cette nature doivent impérativement se dérouler à Québec. Le premier ministre libéral Mark Carney, interrogé par La Presse, a réaffirmé vouloir rencontrer son homologue à Montréal ou à Ottawa d’ici une dizaine de jours. Cette position crée un écart géographique et symbolique qui pourrait compromettre la tenue effective du rendez-vous avant le 14 novembre.

Une relation diplomatique en reconstruction

Mark Carney vise deux buts : établir des points de convergence pour les administrations fédérale et provinciale, tout en rétablissant la confiance dans les rapports entre le gouvernement central et la province québécoise. « Nous pouvons travailler ensemble », a-t-il confié au média montréalais. Cependant, Paul St-Pierre Plamondon adopte une posture ferme face aux atteintes à ses intérêts provinciaux. Il écrit : « Dorénavant, lorsque le Québec et ses intérêts ne seront pas respectés, on ne gardera plus le silence ».

Cette déclaration marque une rupture avec la stratégie de retenue précédente où le gouvernement québécois feignait d’ignorer les manquements fédéraux. Le premier ministre du Québec ajoute : « on va se tenir debout jusqu’à ce que le respect soit obtenu et que nos intérêts soient bel et bien servis ».

Les conséquences d’un sommet international à venir

Le contexte international impose une urgence diplomatique car le Sommet de la Francophonie est programmé au Cambodge du 14 au 17 novembre prochain. La rencontre entre les deux premiers ministres doit idéalement avoir lieu avant cette échéance internationale pour permettre aux deux gouvernements de se présenter unis sur la scène mondiale. L’exclusion du premier ministre québécois lors du sommet Canada-Union européenne des 29 et 30 octobre dernier à Montréal avait été déplorée par Paul St-Pierre Plamondon qui estimait que le gouvernement fédéral avait « décidé d’écarter le Québec des discussions ».

Pour pallier cette situation, le gouvernement québécois a envoyé Pascal Paradis, négociateur en chef et représentant du premier ministre, au lieu de la présence directe de son chef. Cette délégation symbolique ne suffit pas à apaiser les tensions et la rencontre personnelle reste l’objectif prioritaire, bien que sa réalisation dépende désormais d’un compromis sur le lieu de discussion.