CHUV à Lausanne : une campagne contre le sexisme lancée après des signalements
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La direction du CHUV à Lausanne a inauguré le 26 novembre dernier une campagne contre le sexisme au sein de son hôpital, répondant aux témoignages recueillis depuis novembre 2018. Ce dispositif vise à protéger les stagiaires femmes des agissements sexistes commis par des médecins hommes et prévoit désormais l’introduction de cours pratiques pour les étudiants de quatrième année.
La direction du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne a officiellement lancé le 26 novembre dernier une campagne de sensibilisation destinée à lutter contre le sexisme et le harcèlement en milieu hospitalier. Cette initiative, qui s’inscrit dans un mouvement plus large observé depuis plusieurs années, vise spécifiquement à protéger les stagiaires et les étudiants en médecine des agissements sexistes perpétrés majoritairement par des médecins hommes envers leurs collègues femmes.
Le projet a été concrétisé par une conférence de presse tenue ce jour-là, marquant le début d’une série d’actions coordonnées entre l’établissement hospitalier et la Faculté de Biologie et Médecine (FBM) de l’Université de Lausanne.
Des témoignages qui ont déclenché l’action
Au cœur de cette campagne se trouvent quatre phrases choc, largement affichées dans les lieux communs du CHUV depuis novembre 2018. Ces slogans sont extraits directement d’une série de témoignages recueillis par le Collectif de Lutte contre les Attitudes Sexiste en milieu Hospitalier (CLASH). Ce collectif, initié au printemps 2018 par un groupe d’étudiantes lausannoises, a organisé un sondage interne qui a mis en lumière la prévalence du sexisme ordinaire.
Les récits recueillis décrivent des situations de dénigrement professionnel, de remarques déplacées sur le physique et d’avances non sollicitées. Ces agissements sont systématiquement attribués à des médecins hommes envers les stagiaires femmes dans ces témoignages.
Pour répondre à cette réalité documentée, le CHUV a mis en place une antenne téléphonique dédiée. Cette permanence permet aux collaborateurs et collaboratrices en formation de partager leurs expériences sans crainte de représailles immédiates. L’objectif est de créer un espace sécurisé où les victimes ou témoins peuvent se confier, avec une garantie stricte d’anonymat. Ce dispositif téléphonique est notamment assuré par des étudiant.e.s en médecine spécialement formé.e.s pour écouter et orienter.
Vers une évolution institutionnelle et pédagogique
Au-delà de la sensibilisation affichée, le CHUV explore désormais des pistes concrètes pour transformer sa culture interne. Des discussions sont actuellement en cours entre la direction du centre hospitalier et la Faculté de Biologie et Médecine afin d’évaluer spécifiquement les situations de harcèlement après l’année de stage. L’idée est également de mettre en place un cours pratique destiné aux étudiant.e.s de quatrième année. Ce module pédagogique viserait à leur donner les outils nécessaires pour identifier précocement les situations de sexisme et apprendre à réagir efficacement face à ces agissements.
Parallèlement, une collaboration entre CLASH et l’ASMAV est à l’étude, avec pour but de diffuser cette campagne de prévention sur l’ensemble des établissements du canton de Vaud.
L’association ASMAV, qui accompagne les victimes, rappelle que toute situation de harcèlement doit être signalée le plus rapidement possible aux personnes susceptibles d’intervenir. Son avocat se tient à disposition pour conseiller celles et ceux qui en ont besoin. Le comité encourage vivement chaque victime ou témoin à rompre l’isolement en faisant part de son expérience. Les coordonnées de l’association, ainsi que son site internet, sont disponibles pour toute personne souhaitant témoigner ou obtenir de l’aide juridique.
À lire ensuite
Sources et traçabilité · 1 source
Les sources citées ci-dessous documentent le sujet ; leur nombre ne prouve pas qu’elles confirment toutes la même information.
- Une campagne qui va au CLASH!asmav.ch
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