Sécuriser l’avenir par une programmation financière rigoureuse

Le cœur de ce Conseil de gouvernement a été l’adoption du projet de loi relatif à la programmation financière pluriannuelle couvrant les années 2026 à 2030. Cette décision stratégique intervient dans un contexte économique marqué par des aléas géopolitiques et climatiques persistants, qui contraignent la croissance prévue à 0,5 % en 2026 avant de remonter à 1,0 % pour l’année suivante. Face à une charge d’intérêts qui s’alourdit de 79,2 milliards d’euros en 2026 pour atteindre 91,2 milliards en 2027, le gouvernement a défini un plan rigoureux reposant sur 43 milliards d’euros de mesures de redressement. L’objectif affiché est clair : réduire le trou dans les finances de la sécurité sociale à 12,7 milliards d’euros pour l’année 2027, tout en garantissant la revalorisation intégrale des petites retraites jusqu’à un montant de 1 260 euros par mois. Cette approche vise à maîtriser les dépenses publiques sans sacrifier la protection sociale de base, dans une optique de viabilité financière durable.

Réformes fiscales et sociales pour encourager le travail et l’épargne

Au-delà du cadre macroéconomique, le Conseil a validé des dispositions concrètes touchant directement les citoyens. Sur le front fiscal, un nouvel abattement de maintien dans la vie professionnelle est instauré, accordant une économie d’impôt significative aux travailleurs qui choisissent de rester actifs au-delà de l’âge légal de départ anticipé. Concrètement, un contribuable avec un revenu imposable ajusté de 50 000 euros pourrait voir son impôt passer de 7 854 euros à 4 820 euros, réalisant ainsi une économie de 3 034 euros grâce à la réduction de sa base imposable. Parallèlement, le plafond de déductibilité des contrats de prévoyance-vieillesse, dit « Pilier 3 », est revalorisé : fixé à 3 200 euros depuis 2017, il sera porté à 4 500 euros par contribuable, soit une hausse de 41 %. Ces mesures s’inscrivent dans une réforme plus large du système de pensions qui prolongera progressivement la durée des cotisations obligatoires jusqu’à l’horizon 2030, tout en maintenant les conditions de départ à partir de 57 ans.

Dossiers transversaux : défense, consommation et environnement

La séance n’a pas été uniquement consacrée aux finances publiques. Le Conseil a également avalisé le projet de règlement grand-ducal prolongeant la participation de l’Armée luxembourgeoise à la présence avancée renforcée de l’OTAN en Lituanie pour une durée additionnelle de 24 mois, jusqu’au 31 décembre 2027. Dans un autre registre, les ministres ont marqué leur accord avec des textes visant à transposer des directives européennes relatives aux pratiques commerciales déloyales et à la protection des consommateurs contre le « blanchiment écologique ». Ces mesures renforcent les capacités d’action des citoyens en faveur de la transition écologique. Enfin, une attention particulière a été portée à la santé publique, avec un objectif de contenir la progression de l’Ondam à + 2,0 % tout en préservant l’hôpital et en accélérant le déploiement du réseau France Santé.

Source : Gouvernement luxembourgeois — https://gouvernement.lu/fr/actualites/toutes_actualites/communiques/2026/10-octobre/05-conseil-gouvernement.html