Une mission confiée avec précision

La présidence israélienne a pris la décision officielle de confier à Gadi Eisenkot la lourde tâche de constituer le prochain exécutif. Cette annonce, faite samedi soir par la présidence, précise que l’invitation a été adressée au leader de l’opposition pour qu’il se rende à la résidence présidentielle. L’objectif est clair : former un gouvernement qui réunisse une majorité absolue dans un pays politiquement très fragmenté.

La mission sera officiellement remise à Eisenkot le dimanche 8 novembre, à 17 heures, selon les termes du communiqué de la présidence. Ce rendez-vous marque la fin d’une phase de tractations longues et ardues.

Un défi numérique et politique immense

L’ancien général, âgé de soixante-six ans, se trouve face à une équation complexe qu’il devra résoudre dans un délai strictement défini. Il dispose en effet de vingt-huit jours pour tenter de former un gouvernement stable. Pour y parvenir, il lui faut impérativement rallier un minimum de soixante-et-un députés au sein de la Knesset, ce qui représente une majorité absolue nécessaire à la gouvernance. Cette mission s’annonce particulièrement difficile dans un paysage politique fracturé, à l’image du pays lui-même.

Les alliances et le contexte électoral

Pour atteindre ce seuil critique de soixante-et-un sièges, Gadi Eisenkot peut compter sur plusieurs appuis potentiels. Il dispose notamment du soutien de ses propres forces, qui totalisent actuellement soixante-sept députés, contre quarante-six pour Benjamin Netanyahou. Au-delà de son camp, il a ouvert la porte à une alliance avec les partis ultra-orthodoxes, dont les treize voix pourraient s’avérer nécessaires pour former une coalition viable.

Ces formations arabes majeures, la Liste unifiée et Raam, ont remporté dix-neuf sièges grâce à une progression fulgurante aux urnes. Plus tôt, le camp de Yashar a sollicité les membres du Likoud dirigé par Netanyahou pour qu’ils intègrent l’exécutif.

Une déclaration d’intention et une stratégie de rupture

Face à cette responsabilité, Gadi Eisenkot a réagi immédiatement sur la plateforme X, affirmant : « Le moment est venu de former un gouvernement d’urgence nationale. Je ferai tout mon possible pour que nous soyons à la hauteur ». Cette prise de parole illustre sa détermination face aux défis qui l’attendent. Il a indiqué que si les éléments du Likoud manifestent un intérêt soudain pour la réunification et une large coalition, ils peuvent déclarer officiellement la fin de leur pacte avec les radicaux. Le leader de l’opposition a suggéré vendredi qu’une entente, autrefois jugée impossible, pourrait inclure les groupes ultra-orthodoxes dont on aurait besoin des treize mandats pour constituer une majorité.