Un duel serré entre le Likoud et l’opposition

Au cœur de ce scrutin aux allures de référendum suite au traumatisme du 7 octobre, Benjamin Netanyahu affronte sa plus rude épreuve depuis dix-sept ans. Le dirigeant de 77 ans, soutenu par le président américain Donald Trump, tente de maintenir son emprise sur le pouvoir alors qu’il est vivement critiqué pour n’avoir pas pu empêcher l’attaque qui a causé plus de 1.200 morts en Israël.

Face à lui se dresse Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée et candidat de l’opposition, âgé de 66 ans. Ce dernier promet une commission d’enquête publique sur les failles sécuritaires présumées du 7 octobre 2023. Les projections des chaînes de télévision placent le « bloc du changement » emmené par Eisenkot en tête avec entre 52 et 53 sièges, contre 50 pour la coalition sortante du Likoud.

Cependant, d’autres médias rapportent que Netanyahu pourrait empocher près de 60 sièges, tandis que les estimations du parti lui-même suggèrent qu’il obtiendrait 24 ou 25 sièges, juste devant le parti Yashar de son rival.

L’incertitude d’une majorité impossible

Aucun des deux grands blocs politiques n’est en mesure d’atteindre les 61 sièges nécessaires pour disposer d’une majorité à la Knesset. La Commission électorale précise qu’une liste candidate doit obtenir un minimum de 3,25 % des suffrages pour accéder à la représentation parlementaire avec quatre mandats. Aucun parti n’a jamais réussi à emporter seul la majorité absolue de 61 sièges dans l’histoire du pays, et les gouvernements sont donc le fruit de coalitions, parfois fragiles.

En attendant que ces chiffres soient confirmés, le manque de majorité absolue oblige les formations politiques à s’engager dans une période de négociations intenses afin d’établir un gouvernement stable. Le ministre des Affaires étrangères de Benjamin Netanyahu a jugé « prématuré » les célébrations de l’opposition après ces premières estimations, affirmant que le Likoud reste le plus grand parti d’Israël en nombre de sièges estimés.

La mobilisation des minorités et des expatriés

Ce scrutin est marqué par une participation sans précédent des électeurs issus de la minorité arabe d’Israël. Les citoyens arabes israéliens, qui constituent environ 21 % des habitants du pays, affichent traditionnellement un taux de participation moindre que celui de la communauté juive. Le candidat palestinien Ahmed Tibi a affirmé que ces citoyens se mobilisaient en un nombre « sans précédent » pour cette élection cruciale.

De plus, une foule d’expatriés a fait demi-tour pour voter sur place, parmi lesquels Eilana Zisblit, âgée de 55 ans et résidant au Canada depuis trois décennies. Les formations arabes indépendantes apparaissent comme des acteurs clés potentiels, les sondages leur prédisant entre 17 et 18 sièges, un résultat nettement supérieur à celui des dernières élections. Gadi Eisenkot a rejeté toute alliance avec les partis arabes en raison d’incompatibilités idéologiques, tandis que Benjamin Netanyahu a dénoncé ces électeurs comme une menace pour la sécurité.