Déchets ménagers : l’objectif 2035 qui sent déjà le brûlé (et l’enfouissement)
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Il existe un objectif national dont vous n’avez probablement jamais entendu parler : réduire à 10 % la part des déchets ménagers et assimilés (DMA) envoyés en installation de stockage d’ici 2035, par rapport à 2010. La source ? Un indicateur technique publié sur data.gouv.fr. Traduction : votre poubelle a un objectif chiffré, une deadline, et un plan. Et vous, vous découvrez son existence aujourd’hui.
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Ce que cache le mot « stockage » (spoiler : la décharge)
Derrière l’expression aseptisée « installation de stockage », il y a l’enfouissement, tout simplement. L’indicateur mis en avant par data.gouv.fr mesure le ratio entre le poids de DMA entrant en installation de stockage et le poids de DMA produit. Et il ne s’agit pas seulement de vos sacs noirs directement expédiés sous terre. Sont aussi comptabilisés :
- les refus de tri (ce que la chaîne de recyclage recrache),
- les refus de TMB (tri mécano-biologique),
- les refus de compostage et de méthanisation,
- les refus de recyclage,
- et même les résidus d’incinération, mâchefers inclus.
Autrement dit : tout ce que la sophistication industrielle française n’arrive PAS à valoriser finit dans le même trou. L’indicateur ne ment pas — c’est bien le taux d’échec global du système qu’on regarde.
L’objectif 2035 : une promesse à 10 %, référence 2010
« Réduire les quantités de déchets ménagers et assimilés admis en installation de stockage en 2035 à 10 % des quantités de déchets ménagers et assimilés produits mesurées en masse p/r 2010 ».
Voilà le texte, sec, sans fioriture. Dix pour cent. En 2035. Base 2010. On a donc adossé notre ambition écologique à une année de référence qui date d’il y a plus de quinze ans, et on se donne encore moins d’une décennie pour tenir la ligne. Serré.
Les régions au pied du mur (et elles le savent à peine)
Ce n’est pas qu’une affaire d’État. La déclinaison de cet objectif DMA est obligatoire à l’échelle régionale, dans le cadre du SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires) et/ou du PRPGD (Plan régional de prévention et de gestion des déchets). Chaque région doit donc décliner l’objectif national et suivre son propre indicateur de progression.
En clair : si votre région traîne, elle est hors-la-loi de son propre schéma. Mais qui vérifie ? Qui sanctionne ? L’indicateur existe, publié sur data.gouv.fr — encore faut-il que quelqu’un le consulte.
Ce que ça change pour vous
Concrètement : chaque erreur de tri, chaque emballage douteux, chaque déchet qui finit dans la mauvaise poubelle nourrit la statistique de l’échec. Et cette statistique, elle est publique, régionale, opposable. Le compte à rebours a démarré il y a longtemps ; il ne reste qu’une poignée d’années pour que la promesse ne devienne pas un fiasco chiffré.
À retenir : l’objectif est 10 % en 2035, base 2010. Il concerne toutes les régions via SRADDET/PRPGD. L’indicateur de suivi est public sur data.gouv.fr. Allez le regarder — personne ne le fera pour vous.
Source : data.gouv.fr — https://www.data.gouv.fr/datasets/part-des-dechets-menagers-et-assimiles-admis-en-installation-de-stockage
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