Une rupture diplomatique aux États-Unis

Dans un entretien diffusé samedi, Donald Trump a exprimé sa colère contre Volodymyr Zelensky, qualifiant ses actions de contre-productives pour la paix mondiale. Le président américain a suggéré explicitement à Kiev de se doter d’un nouveau dirigeant capable de conclure des accords avec Moscou. Cette prise de position s’inscrit dans le contexte d’une tension accrue entre les deux pays alliés. Trump a mis en garde Zelensky en lui disant qu’il « a intérêt à arrêter » ses opérations militaires spécifiques, ciblant notamment les infrastructures énergétiques russes.

D’après les positions de Washington et de Moscou, l’accord impose à la Russie d’acheminer vers les États-Unis et sur les marchés internationaux 300 000 tonnes de carburant diesel au cours du mois d’octobre, puis d’augmenter cette quantité pour atteindre un million de tonnes en décembre. Le président américain a condamné les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, affirmant qu’elles aggravent le problème mondial de pénurie de diesel. Il a exhorté Kiev à cesser ces attaques au lendemain de la signature de cet arrangement pétrolier avec Vladimir Poutine.

Le coût humain des frappes récentes

Les déclarations du président américain surviennent au lendemain d’une escalade violente sur le territoire ukrainien. Le président Zelensky s’est lui-même indigné face aux attaques russes sur la ville de Zaporijjia, située dans le sud-est du pays. Ces frappes ont fait au moins 20 morts samedi, dont trois enfants selon les témoignages recueillis par l’AFP.

Daniil Pichkin, un volontaire sur place, a raconté comment deux personnes ont pu être secourues des gravats, tandis qu’une petite fille est décédée. Parallèlement, des explosions ont retenti à Kiev, causant des coupures de courant massives et forçant la suspension temporaire du métro. Six personnes ont été blessées dans ces attaques en pleine journée, dont cinq nécessitant une hospitalisation, selon le maire Vitali Klitschko.

La diplomatie sous tension

L’annonce de l’accord sur le diesel a jeté l’incertitude sur la poursuite des discussions diplomatiques prévues à Miami. Vendredi, Steve Witkoff, émissaire du président Trump, avait qualifié les négociations de constructives en présence de conseillers européens et de l’OTAN.

Cependant, la délégation ukrainienne a quitté la table des pourparlers suite aux déclarations incendiaires de Donald Trump. Volodymyr Zelensky a dénoncé cet accord comme une « décision faible » permettant à la Russie de renflouer sa trésorerie. Le Premier ministre britannique Andy Burnham a réaffirmé sa totale solidarité avec Kiev, tandis que l’Allemagne a pris acte de la décision américaine tout en travaillant à de nouvelles sanctions conjointes. La Russie, quant à elle, a affirmé avoir accueilli avec compréhension les propositions américaines de désescalade lors de l’appel téléphonique avec Vladimir Poutine.