Flandre, Bruxelles, Wallonie : trois modèles de mobilité scolaire
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Quarante-six pour cent des élèves belges de plus de 15 ans empruntent quotidiennement les transports en commun pour se rendre à l’école, selon les données de Statbel. Ce chiffre masque une fracture régionale saisissante : en Flandre, le vélo s’impose comme le mode de déplacement dominant, tandis qu’à Bruxelles, les transports publics écrasent tous les autres. En Wallonie, la voiture conserve une place prépondérante, loin devant le vélo. Ces différences, révélées par une enquête menée auprès de 3 388 élèves de 15 ans et plus entre 2023 et 2025, dessinent trois modèles de mobilité scolaire aux logiques opposées.
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La Flandre, royaume du vélo scolaire
En Flandre, le vélo n’est pas un simple mode de transport : il structure les déplacements des élèves. Quarante-six pour cent des adolescents de plus de 15 ans l’utilisent comme principal moyen pour se rendre à l’école, selon Statbel. Ce chiffre dépasse même celui des transports en commun, qui ne concernent que 34 % des élèves. La marche (7 %) et la voiture (13 %) ferment la marche. Cette domination du vélo s’explique par une combinaison de facteurs : un relief globalement plat, un réseau cyclable dense et une culture du vélo ancrée dans les habitudes quotidiennes. Les infrastructures adaptées et la proximité des établissements scolaires jouent également un rôle clé. Les données de Statbel, collectées auprès de 3 388 élèves, confirment que cette pratique est bien plus qu’un phénomène marginal : elle est structurelle.
Pourtant, cette réalité contraste avec celle des autres régions. L’écart avec la Wallonie est particulièrement frappant : en Flandre, le vélo est utilisé quinze fois plus souvent qu’en Wallonie, où seulement 3 % des élèves en font leur principal moyen de transport. Cette différence ne relève pas du hasard, mais bien de choix d’aménagement du territoire et de politiques de mobilité distinctes. Les infrastructures cyclables, la sécurité des itinéraires et la distance entre le domicile et l’école sont autant de leviers qui favorisent ou freinent la pratique du vélo.
Bruxelles, capitale des transports en commun
À Bruxelles, les transports en commun écrasent tous les autres modes de déplacement. Soixante-dix-neuf pour cent des élèves de plus de 15 ans les utilisent comme principal moyen pour se rendre à l’école, selon Statbel. La marche arrive en deuxième position avec 15 %, tandis que le vélo (3 %) et la voiture (2 %) sont marginaux. Cette domination s’explique par la densité du réseau de transports publics bruxellois, qui offre une alternative efficace à la voiture et au vélo. Les données de Bruxelles Mobilité confirment cette tendance : entre 2022 et 2025, 83 % des écoles bruxelloises ont enregistré une baisse des déplacements en voiture, au profit de la marche, du vélo et des transports en commun.
Cette évolution est particulièrement marquée dans les écoles qui suivent un Plan de déplacements scolaires (PDS). Ces plans, mis en place pour réduire l’usage de la voiture, encouragent les élèves à se rendre à l’école à pied, à vélo ou en transports en commun. Les résultats sont encourageants : l’utilisation du vélo dans les écoles primaires est passée de 3,45 % en 2022 à 6,2 % en 2025. Même si cette progression est plus limitée dans l’enseignement secondaire, elle reste significative. Bruxelles Mobilité souligne que ces plans nécessitent un accompagnement constant des écoles, des enseignants et des parents pour être pleinement efficaces.
La Wallonie, prisonnière de la voiture
En Wallonie, la voiture reste le mode de transport dominant pour les élèves du secondaire. Vingt-sept pour cent des adolescents de plus de 15 ans l’utilisent comme principal moyen pour se rendre à l’école, selon Statbel. Les transports en commun arrivent en tête avec 55 %, suivis par la marche (15 %) et le vélo (3 %). Cette réalité reflète des distances souvent plus longues entre le domicile et l’école, un relief plus vallonné et un réseau cyclable moins développé qu’en Flandre. Les infrastructures moins adaptées et la sécurité des itinéraires sont également des freins majeurs à la pratique du vélo.
Les données de Bpact, collectées auprès de 3 700 Belges, confirment cette tendance. Soixante-treize pour cent des élèves wallons se rendent à l’école en voiture, contre 48 % à Bruxelles et 50 % en Flandre. Le vélo, utilisé par seulement 7 % des élèves wallons, est bien loin derrière les autres régions. Les parents wallons citent la dangerosité des abords des écoles et l’absence de zones kiss & ride comme principales raisons de leur préférence pour la voiture. Pourtant, les avantages du vélo — efficacité, rapidité et confort — sont reconnus par ceux qui l’utilisent.
Ce que révèlent ces écarts
Ces différences régionales ne sont pas anodines : elles reflètent des choix politiques, des réalités géographiques et des cultures de mobilité distinctes. En Flandre, le vélo est un mode de transport à part entière, soutenu par des infrastructures adaptées et une culture locale. À Bruxelles, les transports en commun offrent une alternative efficace à la voiture, grâce à un réseau dense et bien organisé. En Wallonie, la voiture domine en raison de distances plus longues, d’un relief moins favorable et d’un réseau cyclable moins développé.
Pourtant, ces modèles ne sont pas figés. Les Plans de déplacements scolaires à Bruxelles montrent qu’il est possible de faire évoluer les habitudes, même si les résultats mettent du temps à se matérialiser. En Wallonie, le développement d’infrastructures cyclables et la sécurisation des itinéraires pourraient encourager davantage d’élèves à se rendre à l’école à vélo. Quant à la Flandre, elle pourrait renforcer encore son avance en améliorant la sécurité des cyclistes et en développant des solutions multimodales.
Une chose est sûre : la mobilité scolaire ne se décrète pas. Elle se construit, région par région, en tenant compte des réalités locales et des attentes des élèves, des parents et des enseignants.
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