Entré en vigueur le 1er janvier 2025, le dispositif genevois de prise en charge des abonnements Unireso couvre l’intégralité du prix pour les jeunes de 6 à 24 ans, domiciliés ou en formation à Genève sous condition de formation ou de revenu, et la moitié du prix pour les bénéficiaires de prestations AVS/AI domiciliés dans le canton. Le DSM a dévoilé le 8 septembre 2026 deux rapports : une enquête d’impact et un retour sur la mise en œuvre de la mesure.

Une hausse nette de l’usage quotidien

L’enquête d’impact a été conduite par un collectif réunissant le Laboratoire de sociologie urbaine (LASUR) de l’EPFL, les Transports publics genevois (TPG) et le bureau Mobil’homme, mandatés par le DSM et la Fondation Modus. Elle repose sur deux vagues d’enquête auprès des mêmes personnes, en décembre 2024 puis en décembre 2025, complétées par trente entretiens approfondis, et sur plus de 6000 répondants.

La part des bénéficiaires qui utilisent les transports publics tous les jours est passée de 19 % à 37 % en un an, soit une augmentation relative d’environ 95 %.

La part des transports publics dans les déplacements liés au travail ou aux études double elle aussi : elle passe de 23 % à 46 %.

Moins de voiture, selon l’enquête

Selon l’EPFL, un tiers des personnes nouvellement abonnées déclarent utiliser moins souvent leur voiture qu’un an auparavant. Cette proportion atteint 40 à 46 % parmi celles qui utilisaient leur voiture tous les jours avant la mesure. Deux autres résultats détaillent ce recul :

  • 36 % des jeunes qui utilisaient leur voiture deux à trois fois par semaine en 2024 déclarent ne l’utiliser plus qu’une fois par semaine en 2025 ;
  • 43 % des seniors sont passés d’un usage de la voiture tous les jours ou presque à deux ou trois fois par semaine seulement entre 2024 et 2025.

Le pouvoir d’achat et les 18-24 ans

Le DSM rappelle que la loi partait d’une volonté gouvernementale assumée : améliorer le pouvoir d’achat en facilitant l’accès financier aux titres de transport. Chez les bénéficiaires de plus de 65 ans, 45 % de l’économie réalisée est réaffectée aux dépenses courantes, ce qui atteste, selon le DSM, d’un effet concret sur le pouvoir d’achat.

L’enquête relève par ailleurs que 38 % des 18-24 ans se déclarent limités financièrement dans leurs déplacements. Pour cette catégorie, dont beaucoup dépendent de leurs parents pour financer leur abonnement, la mesure a surtout transformé la perception d’une dépense déjà consentie, tout en nourrissant une logique de rentabilisation qui intensifie l’usage des transports publics.

Une mesure d’ampleur inédite en Suisse

La prise en charge portait potentiellement sur environ 200’000 personnes, alors que le canton compte quelque 530’000 résidents. Le DSM juge ce dispositif tarifaire d’une ampleur inédite en Suisse et a décidé, dès son adoption en mai 2024, de le doter d’un système d’évaluation.

Le second rapport, établi par le bureau Mobil’homme, retrace la mise en œuvre de la loi pendant les sept mois qui séparent son adoption de son entrée en vigueur, en suivant quatre chantiers menés de front : le cadre réglementaire et la directive d’application, la conception du dispositif de vente et de mise à disposition des abonnements, la stratégie de communication et la construction du dispositif d’évaluation. Un bilan annuel 2026 doit être publié au premier trimestre 2027, selon le DSM.

Correction du 13 octobre 2026 : la version publiée le 9 septembre répétait le nom des TPG et du bureau Mobil’homme parmi les auteurs de l’enquête. Elle présentait la proportion de 40 à 46 % comme un « taux d’abandon » de la voiture chez « ceux qui étaient des usagers quotidiens », alors qu’elle désigne, selon l’EPFL, les personnes utilisant leur voiture tous les jours avant la mesure qui déclarent l’utiliser moins souvent. Elle reliait sans source les 45 % d’économies réaffectées chez les seniors aux 38 % de 18-24 ans limités financièrement, et parlait d’un « abandon progressif du véhicule individuel » ou d’un usage « ponctuel » que les sources ne formulent pas. Ces points sont corrigés.