Un imbroglio administratif bloquant un mariage légitime

La situation de Marc Alexandre illustre une contradiction entre la réalité des faits et les rigidités administratives. Divorcé depuis 18 ans après une première union à Épinal, l’ancien combattant apparaît encore figurant officiellement en union sur les registres municipaux de la ville vosgienne où il réside. Il affirme qu’il s’agit d’une « erreur d’écriture » et produit un jugement rendu par le tribunal d’Épinal le 13 mai 2008. Ce document déclare le mariage avec son ex-femme dissous et ordonne que la mention du divorce remise à jour dans le bordereau des documents d’état civil et des pièces de naissance concernées. Un avis de la juridiction supérieure de Nancy précise que ce litige n’a pas fait l’objet de pourvoi en cassation. Malgré ces preuves, la mairie de Fleurance indique ne pas engager les démarches matrimoniales tant que le divorce ne sera pas inscrit sur le registre d’état civil du requérant.

La position du maire et les limites légales invoquées

Grégory Bobbato, actuel maire de la commune, justifie son refus par le respect strict des textes en vigueur. « Légalement il y a des textes », explique-t-il, affirmant que l’administration suit scrupuleusement la procédure. Il précise que lorsque les documents nécessaires seront disponibles, notamment si le tribunal autorise la mairie d’Épinal à apposer la mention divorcé sur son acte d’état civil, ils pourront alors reprendre son extrait d’état civil et envisager une nouvelle démarche. Marc Alexandre, bénéficiaire de l’AAH depuis longtemps sous la surveillance des services sociaux, a épuisé toutes les voies pour éviter cette situation. Son objectif est précis : obtenir sa main avec son partenaire, a fait tout ce qu’il fallait pour ne pas en arriver là. Sa revendication est claire : il veut se marier avec sa compagne, une demande qui remonte au mois de juin dernier.

Un cri du cœur pour la sécurité financière d’une femme seule

Au-delà de l’aspect administratif, cet acte symbolique vise à protéger Marie-Ange, âgée de 56 ans. « Il m’a demandé en mariage pour me protéger », déclare-t-elle, ajoutant qu’elle a accepté cette demande et qu’elle a perdu son fils unique. Si elle n’avait pas Marc Alexandre, elle se sentirait toute seule face à l’avenir. L’ancien militaire, retraité des armées et handicapé à plus de 50 %, explique que le but de sa démarche est simplement de mettre sa femme à l’abri si lui-même ne devait plus être là, afin qu’elle ait au moins sa pension de réversion des armées. « Je me battrai corps et âme pour qu’on soit mariés », conclut-il avec détermination, affirmant vouloir épouser sa femme car elle lui a dit oui et qu’il ira jusqu’au bout pour réaliser ce souhait commun.