Une ultime joute, deux heures d’antenne

Les participants se retrouveront dans l’atrium de la Maison de Radio-Canada, à Montréal, pour clore la séquence des débats. La diffusion passe par ICI RDI et ICI TÉLÉ, par Radio-Canada.ca, par ICI PREMIÈRE et Ohdio, ainsi que par la plateforme ICI TOU.TV. Aucun déplacement de campagne ne figure à l’horaire avant la rencontre, ce qui laisse aux cinq formations une pleine journée de travail en interne.

La mécanique de la soirée repose sur cinq thèmes : la santé, le mur budgétaire, l’insécurité économique, l’avenir du Québec, et une formule plus intime, le Québec fou de ses enfants. Le vote, lui, aura lieu le 5 octobre.

Ce que conseillent ceux qui ont déjà préparé des chefs

Pour d’anciens stratèges, un tel rendez-vous ne s’improvise pas. Antonine Yaccarini, autrefois directrice des communications du Parti québécois auprès de Jean-François Lisée en 2018, prévient : « Il faut savoir que les débats, c’est un exercice qui est très exigeant. Ça prend du temps de préparation. Tout peut arriver. » Elle ajoute que la pression portée par les candidats est considérable.

Harold Fortin, qui fut directeur des communications et porte-parole du premier ministre libéral Philippe Couillard, rappelle que le climat politique commande le calendrier : à l’automne 2013, sous le gouvernement minoritaire de Pauline Marois, la rumeur d’élections imminentes avait contraint son équipe à assembler un cahier de données factuelles. Renaud Poirier-St-Pierre, ancien directeur de cabinet du porte-parole solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, confirme que le travail commence bien avant le déclenchement officiel de la campagne, la précampagne offrant un moment plus calme pour arrêter la stratégie ; il a lui-même participé à la préparation des débats de 2018, avec Manon Massé, et de 2022, avec sa successeure.

Répétitions générales, gestion du ton, de la posture et du langage corporel, répliques travaillées : la mise en scène compte autant que le contenu. Les ex-stratèges politiques interrogés soulignent toutefois un facteur plus prosaïque, à savoir l’enchaînement de deux débats séparés d’environ 24 heures. « C’est drainant, c’est fatigant », confie l’un d’eux. « Ce n’est pas évident d’être à 100 %, même à 120 % d’énergie deux soirs de suite. »

Une course à cinq encore ouverte

Le dernier sondage Léger, publié mardi matin dans les médias de Québecor, laisse la partie largement indécise. Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon arrive en tête avec 29 % des intentions de vote. Le Parti libéral de Charles Milliard suit à 23 %. La Coalition avenir Québec de Christine Fréchette se maintient à 20 %, le Parti conservateur d’Éric Duhaime à 17 %, et Québec solidaire, à 10 %, complète le tableau.

L’animateur de la soirée a lui-même décrit une campagne difficile à saisir, dans une vidéo publiée sur Instagram lundi : « Je dois vous faire un aveu. C’est ma dixième campagne québécoise, onze campagnes fédérales et cette campagne-ci est la plus difficile à couvrir. » Il ajoutait qu’elle demeurait insaisissable, avec ses cinq chefs et la multiplicité des propositions avancées.

Les engagements annoncés la veille

La journée précédente a été chargée sur le front des promesses. Privée de sa co-porte-parole Ruba Ghazal, retenue par la préparation du débat, Québec solidaire a proposé de réduire de moitié les droits de scolarité au cours d’un premier mandat, soit une baisse de 50 % ; la formation, qui réclamait historiquement la gratuité de la maternelle au doctorat, la vise désormais à moyen terme.

Éric Duhaime a dévoilé ce qu’il nomme sa vision autonomiste, qui comprend la relance du projet de Constitution du Québec et dix demandes prioritaires à transmettre à Ottawa, dont l’obtention des pleins pouvoirs québécois en matière d’immigration. Au sud de Montréal, la caravane libérale a réactivé la promesse d’élargir l’autoroute 30 entre Brossard et Boucherville, en ajoutant une voie dans chaque direction, partiellement réservée au covoiturage et aux transports collectifs.

Ce mercredi soir, ces annonces devront tenir face aux quatre autres tribunes. La suite se jouera dans l’isoloir, le 5 octobre.