Une architecture mixte pour piloter la stratégie

Dans un communiqué publié par le cabinet du premier ministre, Ottawa précise que ce nouvel organisme sera composé de treize experts. Cette composition vise à équilibrer les perspectives en intégrant des analystes, des concepteurs, des chercheurs, des entrepreneurs, des investisseurs et des fonctionnaires canadiens. Le mandat confié à cette assemblée est clair : elle doit émettre des recommandations autonomes et opérationnelles concernant les bouleversements induits par l’intelligence artificielle au pays. le premier ministre Mark Carney, ce Conseil apporter son soutien et ses orientations au pouvoir exécutif afin d’optimiser le déploiement l’intelligence artificielle. Il s’agit notamment de gérer les risques émergents, de saisir les occasions économiques et de veiller à ce que cette technologie contribuer au bien-être de tous les citoyens canadiens.

Des profils emblématiques et une vision économique ambitieuse

Parmi les membres annoncés figurent des personnalités de premier plan. On y retrouve notamment Yoshua Bengio, considéré comme l’un des pionniers québécois de l’intelligence artificielle, ainsi que Valérie Pisano, présidente de l’institut Mila, et Louis Vachon, ancien PDG de la Banque Nationale du Canada. Cette sélection illustre une volonté d’associer les plus grandes sommités scientifiques et économiques à la réflexion stratégique. Ce lancement s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale baptisée « L’IA pour tous », dévoilée en juin dernier. Ce plan quinquennal promet de favoriser l’adoption responsable de l’intelligence artificielle en privilégiant la sauvegarde de l’intimité numérique et le développement du marché du travail. Les objectifs chiffrés sont sans équivoque : générer une croissance économique supplémentaire de 200 milliards de dollars et susciter un surplus de richesse économique d’un montant de 200 milliards $ tout en recrutant 250 000 postes dans le secteur.

Des ambitions de souveraineté face aux défis géopolitiques

Au-delà des promesses économiques, le Conseil national sur l’intelligence artificielle aura pour mission de renforcer le contrôle souverain du Canada sur les capacités essentielles de la technologie. La stratégie vise également à faire passer le taux d’adoption de l’IA par les entreprises canadiennes d’un peu plus de 12 % à 60 % d’ici 2034. Cette ambition s’accompagne d’une volonté de diversifier les partenariats internationaux pour réduire la dépendance envers les États-Unis, comme en témoigne l’accord conclu avec l’Allemagne le 16 septembre dernier. Cependant, certains observateurs soulignent que cette structure pourrait être perçue comme trop orientée vers l’industrie, au détriment d’autres secteurs tels que les arts, la culture ou l’environnement. La création de ce conseil s’inscrit dans une dynamique où la souveraineté technologique est présentée comme un impératif national, mais son indépendance réelle face aux intérêts industriels reste à être observée.