Un 4-0 qui doit tout à l’effectif déjà là

Le tableau d’affichage a une clarté que le contexte n’a pas. Quatre buts, aucun encaissé, un doublé de Gouiri, Abdallah et Højbjerg pour parachever la démonstration : voilà ce que l’OM a produit à Strasbourg pour sa rentrée. Aucune recrue au générique. Autrement dit, c’est le groupe de la saison passée, remis en ordre par un nouveau technicien, qui a signé cette entrée en matière. On saluera l’exécution ; on notera aussi que l’équation n’est pas résolue pour autant.

Genesio, entrée réussie et attentes déplacées

Pour un premier match officiel, difficile d’imaginer copie plus propre. Bruno Genesio hérite d’un club où le siège de l’entraîneur brûle vite, et où le moindre faux départ devient un procès. Un 4-0 à l’extérieur, c’est du crédit engrangé — pas un blanc-seing, mais une marge de manœuvre. À lui, désormais, de dire ce qu’il attend d’un mercato qui, pour l’heure, tient davantage de la rumeur que du renfort.

Le silence du marché

Qu’il nous soit permis de nous étonner : à la première journée, l’OM aligne son effectif de l’an passé, tel quel. Dans un championnat où les concurrents ont bougé, cette immobilité interroge sans qu’il faille en faire un drame. Une victoire large masque provisoirement le sujet ; elle ne le règle pas. Un match ne fait pas une saison, et le calendrier, lui, ne consent aucune remise.

Ce qu’on ne sait pas encore

Beaucoup, en réalité. On ignore si le 4-0 doit à la qualité marseillaise ou aux fragilités strasbourgeoises d’un soir. On ignore quelles arrivées viendront, à quel poste, à quel prix, et si elles seront alignées avant la fermeture du marché. On ignore, enfin, comment ce groupe tiendra la cadence d’une saison européenne — sujet qui ne se juge pas sur quatre-vingt-dix minutes d’août.

À surveiller

Trois points dans les jours qui viennent : la nature des mouvements que l’OM annoncera au mercato ; la manière dont Genesio fera cohabiter les cadres actuels avec d’éventuels arrivants ; et la confirmation, dès la prochaine journée, que ce 4-0 n’était pas un feu de paille mais le début d’une identité de jeu. Pour l’heure, l’OM a fait le travail. Reste à savoir si la direction lui donnera les moyens de le prolonger.