Une trêve sans défaite pour valider la nouvelle identité

L’équipe de France a terminé son premier rassemblement en tête du groupe A de la Ligue des Nations avec dix points au compteur. Ce bilan, obtenu grâce à trois victoires et un match nul, confirme l’efficacité immédiate de la transition tactique initiée par Zinédine Zidane. La victoire 4-1 contre la Belgique le lundi 5 octobre a servi d’épilogue à cette première trêve internationale, marquée par des réalisations en fin de match qui ont scellé le succès. Ce résultat s’inscrit dans une dynamique où les Bleus ont marqué sept buts tout au long du cycle, démontrant que l’attaque française reste létale même si la défense doit parfois composer avec des ajustements.

Le pressing haut : un précepte absolu et une rupture tactique

Au cœur de cette réussite se trouve l’application systématique d’un principe défendu par le sélectionneur depuis son arrivée : le pressing haut. Zinédine Zidane a répété à plusieurs reprises que ce système était « le plus aimé » du match contre la Turquie, soulignant la capacité de ses joueurs à appliquer une consigne travaillée en entraînement. Cette exigence marque une rupture franche avec l’approche précédente où Didier Deschamps installait souvent un bloc positionné plus bas pour sécuriser les défenses. Zidane souhaite désormais étouffer l’adversaire très haut, récupérer le ballon près de sa surface et éviter que les équipes adverses ne ressortent facilement.

Cette philosophie s’est illustrée lors du but marqué en Turquie, issu d’une phase de jeu typique : un pressing haut initié par Jules Koundé, Rayan Cherki et Michael Olise, suivi d’une récupération rapide et d’une transmission immédiate pour Kylian Mbappé. Le sélectionneur insiste sur le fait que « sans ballon on doit être bon aussi pour l’équilibre d’équipe », une notion qui contraste avec la tendance à privilégier uniquement la possession stérile observée par certains analystes. Michael Olise s’est imposé comme un élément clé de cette mécanique, auteur de quatre buts en quatre matchs et souvent déclencheur des occasions bleues.

Rotation massive et intégration des novices sans altérer le projet

Pour mettre en œuvre ce nouveau système, Zidane a opté pour une rotation importante de ses onze de départ entre chaque rencontre, contrairement à l’approche plus conservatrice de son prédécesseur. Sur les quatre matchs disputés en onze jours, tous les vingt joueurs de champ de la liste ont débuté au moins une fois, y compris le deuxième gardien Guillaume Restes lors du dernier match. Cette décision visait à faire sentir à chaque joueur qu’il fait partie de l’équipe de France et que changer les compositions ne modifie pas la physionomie du projet.

Des joueurs peu expérimentés ont ainsi donné satisfaction, comme Jérémy Jacquet, Leny Yoro, Maxence Lacroix ou Adrien Truffert. Eduardo Camavinga a également effectué un bon retour après sa non-sélection au Mondial récent. Si des ajustements restent nécessaires, notamment pour éviter une possession stérile et accélérer les transitions dans les 30-40 derniers mètres, la première trêve a permis de poser les bases d’une équipe plus agressive à la perte du ballon. Zinédine Zidane a désormais un mois pour analyser ces premiers enseignements avant de préparer la liste pour la trêve de novembre face à l’Italie et la Turquie.